Anciens agents secrets de la RDA aux glorieux faits d’armes, Harry, Falk, Locke et Tamara ont autrefois sauvé la vie de Fidel Castro en visite d’État au bord de la Baltique. Aujourd’hui, tous se retrouvent aux funérailles de leur ex-chef Fuchs. La fille du défunt, Helene, qui a été la maîtresse de Falk, leur demande alors leur aide : Lucia, la dernière compagne de son père, aurait substitué un faux au testament de ce dernier, afin d’hériter à sa place d'une île au large de Cuba, offerte à son père par le Comandante. Soucieux de protéger de la mainmise capitaliste l'un des derniers bastions du communisme, les retraités fauchés acceptent et se lancent dans l’aventure – en échange toutefois d’un séjour "all inclusive" à Varadero, la grande station balnéaire cubaine…
Sirènes et rhumatismes
S’inspirant du voyage officiel du Líder Máximo en 1972 en Allemagne de l’Est, dont témoignent d’édifiantes images d’archives, Robert Thalheim (Les vieux espions vous saluent bien) met à nouveau en scène d'anciens "éclaireurs de la paix" usés mais toujours attachés à la défunte RDA. Malgré les rhumatismes, le quartette – entre le vieux beau Harry, qui découvre son homosexualité, et Tamara, ex-reine de la technique, aux nattes grises dépassant de sa casquette militaire – se perd dans un Cuba au bord de l’implosion, où la révolution tient désormais du folklore. Face à des affairistes véreux et à la corruption systémique, les vétérans vont devoir ruser pour réussir leur coup et empêcher l’île, (authentique) cadeau de Castro à la RDA, de tomber aux mains d’investisseurs américains sans foi ni loi. Se laisseront-ils détourner de leur mission par les sirènes touristiques du dernier pays frère ? Puisant dans l’imagerie socialiste, une comédie drolatique et enlevée qui tourne en dérision les codes du film d’espionnage et joue de l’"ostalgie".