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90 min
Disponible jusqu'au 29/06/2026
À la télévision le mercredi 17 juin à 01:25
L’invasion de l’Ukraine par la Russie a brutalement mis en évidence les dangers que représentent la dépendance des pays européens aux importations de gaz russe. Une enquête dans les coulisses de Gazprom, qui fut, jusqu’aux sanctions internationales, le premier fournisseur de gaz de l’Union européenne.
La guerre de la Russie en Ukraine a aussi rebattu les cartes de la géopolitique mondiale dans le domaine de l’énergie. La complaisance d’une partie des États européens à l’égard du régime de Vladimir Poutine, premier importateur de gaz en Europe, s’explique en premier lieu par la proximité de leurs intérêts géostratégiques. Depuis la mise en service, en 2012, du projet de gazoduc Nord Stream 1, reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, Berlin a accru cette dépendance, marginalisant ainsi l’Ukraine, jusqu’alors principal pays de transit des hydrocarbures russes vers l’ouest. En 2018, quatre ans après l’annexion illégale de la Crimée et le début des hostilités dans le Donbass, un deuxième projet est lancé : Nord Stream 2. Ce n’est qu’à l’aube de l’invasion russe, le 24 février 2022, que le gouvernement d’Olaf Scholz a interrompu la construction du gazoduc, obligeant l’Allemagne à changer radicalement sa politique d’approvisionnement énergétique. "La guerre a un coût", dira Robert Habeck, ministre allemand de l'Économie et de l'Environnement pour justifier les conséquences du revirement pour l’économie allemande. Confrontés à une probable pénurie en électricité et à une inflation galopante depuis l’an dernier, les pays européens voient désormais comment le piège poutinien s’est refermé sur eux, Moscou ayant fait de Gazprom une arme stratégique pour imposer sa volonté au reste de l’Europe.
Enquête au cœur d’un géant russe
Après avoir mené l’enquête plusieurs années durant, Anna Sadovnikova et Dirk Laabs nous entraînent dans les coulisses du géant gazier russe, dont les portes s’ouvrent pour la première fois aux caméras étrangères. Pointant la nature des négociations entre les gouvernements allemands successifs (Schröder, Merkel et désormais Scholz), l’industrie chimique allemande et Gazprom, ce documentaire interroge les raisons de notre dépendance au gaz russe, malgré l’agressivité de la politique étrangère menée par le Kremlin. Des interlocuteurs de premier plan, tels Andriy Kobolyev, ancien PDG de Naftogaz, la plus grande société nationale ukrainienne de pétrole et de gaz, ou Radoslaw Sikorski, ancien ministre polonais des Affaires étrangères, racontent comment ils n’ont cessé, en vain, de mettre en garde l’Allemagne contre Gazprom. Jürgen Hambrecht, ancien président du groupe chimique allemand BASF, revient sur la manière dont les contrats pour la construction de Nord Stream ont été conclus. Alexeï Miller, patron du géant russe, livre, quant à lui, une de ses rares interviews. Des bureaux du siège saint-pétersbourgeois aux gisements de gaz naturel sibériens, une question s’insinue tout au long de ces témoignages : Gazprom est-il le bras armé de Poutine dans sa guerre contre l'Ukraine ?
Réalisation
Anna Sadovnikova
Dirk Laabs
Pays
Allemagne
Année
2022
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