Olivier Père

Les Fleurs de Shanghai de Hou Hsiao-hsien

ARTE diffuse lundi 1er novembre à 23h55 Les Fleurs de Shanghai (Hāi shàng huā, 1998). Ce chef-d’œuvre de Hou Hsiao-hsien sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv pendant 90 jours. Après avoir consacré plusieurs films à Taïwan, entre chronique historique et souvenirs de jeunesse, HHH délaisse son île natale pour s’intéresser à une maison close de Shanghai, ses courtisanes et ses habitués, dans la Chine de la fin du XIXème siècle. Les Fleurs de Shanghai se déroule en huis-clos, dans des espaces de banquets et d’intimité où la caméra circule de manière extrêmement délicate, par des mouvements presqu’imperceptibles. Cette communauté complexe de prostitution et d’argent obéit à des règles strictes, avec des rapports de force subtils entre hommes et femmes, où la domination s’inverse parfois au gré des transactions. Le film est entièrement constitué de longs plans-séquences séparé par des fondus au noir. Le fil narratif principal, la relation entre un haut fonctionnaire qui travaille aux affaires étrangères (Tony Leung) et deux courtisanes, Rubis (Michiko Hada) et Jasmin (Wicky Wei), est noyé parmi des intrigues annexes, des épisodes ou des fragments de vie des « fleurs » et leurs clients. Le rythme hypnotique de cette comédie humaine renvoie à la consommation d’opium, qui dilate le temps et plonge les personnages dans un état de douce rêverie et de mélancolie. Si les films de HHH proposent souvent des voyages dans la mémoire, personnelle ou collective, ils sont aussi capables d’explorer des territoires sensoriels par une savante alchimie du son et de l’image. Ce tableau somptueux d’un monde secret invente une nouvelle écriture cinématographique, qui intègre et transcende les possibilités de la littérature, la poésie et la peinture.

Les Fleurs de Shanghai a été édité par Carlotta en combo DVD et Blu-ray, en version simple ou dans un coffret de prestige, avec des suppléments de grande qualité.

 

 

 

 

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2 commentaires

  1. Ballantrae dit :

    Un film immense , celui qui permet à HHH de condenser tout son génie dans l’utilisation du temps.
    Merci à O Assayas et P Missient de nous avoir permis de découvrir ce continent passionnant du cinema qu’est l’Asie entre Hong Kong, Taïwan et Corée du Sud. Et de nous signaler l’immensité de HHH dans les 80′
    City of sadness fut ma première rencontre avec son cinéma vers la fin des 80′ et depuis il s’est affirmé tranquillement comme l’un des plus grands créateurs.
    Nous n’avons plus de nouvelles de lui depuis le superbe The assassin.
    Je le croyais en tournage à un moment puis n’en ai plus entendu parler.
    Auriez-vous des nouvelles?

  2. Aliocha dit :

    Film superbe, qui, comme (dans un genre très très différent) le génial « Wild At Heart » de Lynch aurait mérité une diffusion en prime plutôt qu’à minuit (est-ce pour éviter qu’un spectateur zappe depuis W9 et s’enfuit en criant ?), par exemple à la place d’une énième rediffusion (pourquoi celui-là, d’ailleurs ??) de l’insipide « Présumé Innoncent » (vraiment pas le meilleur Pakula) ou (encore et toujours) de « La Mort Aux Trousses » (même si Hitchcock est un génie, certes)…

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