Olivier Père

La Flèche brisée de Delmer Daves

ARTE diffuse La Flèche brisée (Broken Arrow, 1950) de Delmer Daves lundi 22 mars à 20h55. Ce film admirable compte parmi les plus beaux westerns du cinéma américain. Il relate, de manière romancée, des faits réels : la rencontre entre le chef apache Cochise et l’Américain Tom Jeffords, soucieux d’établir la paix avec les tribus Amérindiennes. Leurs efforts seront entravés par des actions violentes commises dans les camps adverses. Jeffords, accusé de trahison et victime collatérale de la haine des blancs envers les Amérindiens, paiera cher son entreprise pacifiste. La Flèche brisée est l’un des premiers westerns qui ne manifeste pas de préjugé racial dans sa représentation des Amérindiens. Le film de Daves se montre respectueux envers les Apaches et s’intéresse à leur mode de vie avec un souci de véracité ethnologique, malgré la récurrence de certaines conventions hollywoodiennes. Le scénario, adapté d’un roman historique bien documenté, est écrit par Albert Maltz. Placé sur la liste noire des « Dix de Hollywood », Maltz verra son nom retiré du générique, remplacé par celui de Michael Blankfort. La Flèche brisée est peut-être le chef-d’œuvre de Delmer Daves, dont la filmographie contient plusieurs réussites dans le domaine du film noir, du western et du mélodrame. Le cinéaste y célèbre des valeurs humanistes, tout en conférant à ce western, qui est aussi une bouleversante histoire d’amour, une dimension poétique et panthéiste. Le mariage entre Jeffords et une jeune princesse apache (émouvante Debra Paget) accorde aux personnages de brefs moments idylliques, brutalement interrompus par la violence des hommes. La Flèche brisée bénéficie de l’interprétation magistrale de James Stewart, tout en intériorité, pas encore familier de l’univers du western – il venait de débuter la même année sa collaboration avec Anthony Mann. Quant à Daves, il signera quelques mois plus tard L’Oiseau de paradis, nouvelle histoire d’amour interraciale contrariée où s’expriment le lyrisme et l’humanisme du cinéaste.

 

 

 

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5 commentaires

  1. Aigle solitaire dit :

    Les huit westerns de DD sont quasiment huit chefs d’oeuvres.

  2. MB dit :

    il s’agit d’Albert Maltz avec un « l » bien sûr!

    J’adore certains films de Daves, et je vais revoir celui-ci mais malgré un certain courage du film pour le côté pro-indien, j’avais trouvé que les conventions hollywoodiennes noyaient le rythme ou la dramaturgie, et ceci survient très tôt dans le film (un adolescent Apache qui parle anglais), ce qui influe sur l’impression du spectateur pour toute la suite et le film devient ennuyeux ou indolent, mais à revoir! Chez Ford, les mêmes conventions sont submergées par la force de la ligne dramatique et disons, la mise en scène qui peut s’appeler « façon de présenter les choses ».
    Il faut voir que dans LA DERNIERE CARAVANE, le même propos pro-indien est inclus dans la dramaturgie, et n’est pas isolé comme ici, ce qui rend le film largement plus réussi. Quand Stewart dit vouloir apprendre la langue apache, c’est théorique, quand Widmark le Comanche (aussi invraisemblable entre autres dans sa connaissance de l’anglais que le jeune Apache) apprend au gamin comment poser un collet, ou quand le gamin délivre Widmark de ses fers, il y a des leçons fortes sur l’apprentissage et le goût de la liberté qui portent loin, et Daves allie ces idées comme logiquement liées au propos antiraciste, dans LA FLECHE tout celà reste théorique.

  3. Alto Mar dit :

    Bonjour.
    Est-ce qu’il y aurait une rediffusion du film sur arte?
    Cordialement.

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