Olivier Père

Frenzy et Complot de famille de Alfred Hitchcock

En novembre, ARTE consacre un nouveau cycle à Alfred Hitchcock avec la diffusion de ses quatre derniers films.

En revenant en Angleterre, Hitchcock entend renouer avec le succès. Il y parviendra avec un film où se croisent deux thèmes centraux dans son œuvre : celui du crime et celui du faux coupable. Frenzy (1972) est le grand film trivial d’Hitchcock. C’est aussi un grand film sur la vulgarité. Frenzy est ainsi le parfait représentant d’une esthétique de la laideur qui allait triompher dans le cinéma britannique du début des années 70, sans doute le moins « glamour » du monde. Les scènes de viols et de meurtres sont filmées avec une grande crudité, avec pour la première fois chez Hitchcock des plans de nudité choquants. Nul doute que Frenzy se rapproche de ce que le cinéaste considérait comme de la pornographie. Hitchcock avait jusqu’à présent dissimulé l’obscénité du sexe et de la violence derrière le luxe de la machinerie hollywoodienne et la sophistication de son écriture cinématographique. Elle est ici exhibée de manière frontale. Cela n’exclut pas un sens de la mise en scène toujours aussi génial.

Complot de famille (Family Plot), sorti en 1976, est l’ultime long métrage d’Alfred Hitchcock. Ce simple énoncé suffit à inscrire le film dans l’histoire du cinéma. Hitchcock, alors âgé et malade, signe une comédie policière à petit budget, à une époque marquée par les premiers triomphes de Scorsese, De Palma et Spielberg. Il transpose l’action d’un roman anglais à Los Angeles et San Francisco. Sous sa modestie apparente, le film jouit d’une construction savante. Complot de famille raconte deux histoires parallèles, et suit deux couples d’escrocs appartenant à des mondes différents mais destinés à se rencontrer. Le mélange de suspens et de drôlerie, mis en place lors de la période anglaise, est ici adapté à un univers américain moderne et trivial. Les stars séduisantes de l’âge d’or hollywoodien ont cédé la place à des acteurs au physique plus ordinaire, comme Bruce Dern (photo en tête de texte), Karen Black ou William Devane. Le dernier plan du dernier film d’Hitchcock montre une femme qui adresse un clin d’œil à la caméra. La meilleure manière pour le cinéaste du regard de faire ses adieux aux spectateurs.

Complot de famille : diffusion le lundi 4 novembre à 20h55

Frenzy : diffusion le lundi 4 novembre à 22h50

L’Étau : diffusion le lundi 11 novembre à 20h55

Le Rideau déchiré : diffusion le lundi 11 novembre à 22h55

 

 

 

 

 

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