Olivier Père

The Big Lebowski de Joel et Ethan Coen

Dans le cadre de son « Summer of Freedom », ARTE diffuse dimanche 7 juillet à 20h55 The Big Lebowski, écrit et réalisé par Joel et Ethan Coen en 1998. A cause d’un quiproquo basé sur l’homonymie, un homme sans qualité, paresseux et débonnaire, est plongé dans une ténébreuse affaire d’argent et d’enlèvement dans la société huppée de Los Angeles. The Big Lebowski est un pastiche des classiques du films noir hollywoodiens. Son intrigue se révèle aussi embrouillée que celle du Grand Sommeil. Constamment dépassé par les événements, entraîné dans un enchaînement de situations absurdes ou dangereuses, le Dude déambule dans différents milieux de la ville et croise une galerie de personnages excentriques. Par certains aspects, The Big Lebowski propose une réactualisation du Privé de Robert Altman, et dresse un tableau déglingué du Los Angeles des années 90. Joel et Ethan Coen restent fidèles au sujet de prédilection de leurs premiers films, la bêtise humaine associée aux aléas du destin. Dans The Big Lebowski, ils hissent l’idiotie et la fainéantise à un niveau grandiose, au diapason d’une mise en scène déchainée qui se permet des intermèdes musicaux et psychédéliques. Les frères Coen ont inventé avec le Dude, génialement interprété par Jeff Bridges, un personnage destiné à entrer dans la légende. Autour du Dude gravite une poignée d’amis fans de bowling, parmi lesquels Walter Sobchak (John Goodman, grandiose), vétéran de la guerre du Vietnam au sang chaud, grand amateur d’armes à feu. Les frères Coen avouèrent s’être inspirés du cinéaste et scénariste John Milius, tête brûlée du Nouvel Hollywood, pour imaginer ce personnage. Une église parodique, le « Dudeism », a même été fondée en 2006 par un journaliste, avec plusieurs dizaines de milliers de prêtres à travers le monde qui professent la philosophie et les enseignements du Dude.

Jeff Bridges dans The Big Lebowski de Joel et Ethan Coen

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Un commentaire

  1. Clément Boudreault dit :

    Très bon film, comme beaucoup dans leur filmographie (c’est assez rare pour être souligné. J’ai revu Arizona Junior récemment, magnifique).
    Je trouve très difficile de concilier une narration solide et des évènements/personnages/textes aussi disparates, certains s’y perdent parfois. Je n’oublie certaines punchlines mémorables (“You want a toe? I can get you a toe” ; Is this you homework Larry?” ou encore “Life doesnt stop and start at your convenience, you miserable piece of shit”).

    Vous ne citez pas John Turturro qui fait justement un personnage sorti de l’espace, Jesus Quintana, certes une blague pour eux, mais quelle blague !
    En 2019 ou 2020 sort ‘Going Places’, remake des Valseuses, et plus ou moins basé sur ce personnage là. Vraiment hâte de le voir.

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