Olivier Père

Bernardo Bertolucci parle de 1900

Bernardo Bertolucci est décédé le 26 novembre à l’âge de 77 ans. La diffusion de son film 1900 (Novecento) le lundi 10 décembre à 20h50 sera l’occasion pour ARTE de saluer un cinéaste poète, fils spirituel de Pier Paolo Pasolini et Jean-Luc Godard à la fin des années 60, puis qui connut les cimes du succès international avec des fresques historiques qui mêlaient psychanalyse et marxisme, dans une alliance inspirée d’écriture moderne et de style opératique. La disparition de Bertolucci coïncide avec l’édition en Blu-ray chez Wild Side de son chef-d’oeuvre 1900, dans un volumineux coffret collector qui propose le film en version restaurée et une foule de suppléments. Parmi ces derniers, voici l’ultime entretien filmé accordé par le cinéaste italien, qui revient sur la genèse extraordinaire de ce film à l’ambition et aux dimensions monumentales.

Gérard Depardieu et Robert De Niro dans 1900 de Bernardo Bertolucci

Gérard Depardieu et Robert De Niro dans 1900 de Bernardo Bertolucci

Catégories : Actualités · Rencontres · Sur ARTE

4 commentaires

  1. Aliocha dit :

    Effectivement, le hasard a bien fait les choses (enfin, euh, si on peut dire, je parle pas de sa mort le pauvre, là, hein, mais de la diffusion du film !!), et j’espère vraiment que plein de gens qui l’ont pas encore vu le découvriront en HD grâce à vous ou au Blu-ray qui a l’air superbe !
    Dommage que le monde culturel en France (je pense genre aux comédiens, réal’, ou le ministre de la culture, etc. mais j’en ai peut-être loupé donc je dis ça au ressenti surtout) se soit pas un peu plus manifesté pour évoquer sa disparition… Drôle d’époque !! Enfin, moi, le soir de sa mort, je me suis écouté une playlist faite par mes soins de tout un tas de musiques de ses films… Et ça en fait beaucoup, d’ailleurs !

    Entre les belles partitions de Morricone pour 1900 ou La Tragédie d’un Homme Ridicule (à propos, un peu agaçant, ce truc que je l’ai lu un jour, autour de la voix off de Tognazzi qui n’y était pas lors de la présentation du film à Cannes, puis qui a été rajoutée pour que le film soit plus clair ensuite, alors qu’il a eu le prix d’interprétation j’imagine pour tout ce qu’il faisait passer sans ça !! Bizarre, non ?!), celles de Sakamato très bien aussi, l’inoubliable bande-originale de Gato Barbieri pour le Dernier Tango, et puis les passages opératiques dans la Luna, et toutes les chansons jazz pop ou rock qu’il a utilisées dans ses derniers films, comme ce titre du groupe Hole quand Liv Tyler explose d’énergie vitale magique dans Stealing Beauty, ou le morceau de Hendrix impeccablement utilisé dès le début génial des Dreamers, etc. etc.

    C’est une manière après tout aussi de lui rendre hommage, à la portée de chacun avec un ordi et des sites de musique, que je recommande, parce que ça rappelle pas mal de souvenirs !!… 🙂

    • Olivier Père dit :

      Il y a en effet un beau sujet du web magazine Blow Up qui revient sur la musique dans les films de Bertolucci. Le site d’Arte a aussi remis en ligne la leçon de cinéma qu’il avait donné à la Cinémathèque française au moment de sa rétrospective. Sur Youtube vous pouvez également trouver un entretien filmé que m’avait accordé Bertolucci sur sa relation amicale avec Pier Paolo Pasolini en 2013. Arte a égaré les fichiers nous n’avons pas pu la remettre en ligne.

  2. ferdy dit :

    1900 est le prototype du grand film malade. Paradoxe du message rouge juxtaposé aux capitaux impérialistes, scènes de cul débridées où se vautrent des mégastars, ultra-violence sadique n’épargnant ni les chats ni les enfants, première partie lyrique comme du Ford et seconde partie pompière comme le réalisme socialiste, distribution hétéroclite où des acteurs de génie (Lancaster, Sutherland) s’abandonnent jusqu’au ridicule, mélange de reconstitution méticuleuse et d’utopisme niais… Une pièce montée aussi géniale que dégoulinante enrubannée par des Storaro et Morricone à leurs sommets. Du vrai, du pur cinéma, celui qu’on adore pour ses imperfections les plus grossières.

  3. Aliocha dit :

    Merci pour les conseils sur les vidéos, mister Père, j’irai regarder ça ! 🙂

    Oui, Ferdy, c’est pas faux (à part peut-être le mot « dégoulinant » auquel j’opposerai perso celui de « sentimental » mais sans être sentimentaliste ;), on aime ce genre de cinéma pas parce qu’il est parfait au sens classique (encore que Le Dernier Empereur soit d’une maîtrise stupéfiante de bout en bout, non ?), mais plutôt parce qu’il est vivant, qu’il remue, est à la fois esthétiquement crado et aristo, et surtout ne craint pas d’y aller « all the way » comme disent les anglo-saxons !!! Une autre époque, je pense impensable à l’heure actuelle (quoi que dans un genre très différent, le bordélique, dérangeant, parfois superbe Nymphomaniac dans sa version intégrale ne soit pas si loin que ça d’un projet comme je les aime, c’est-à-dire un gros et long truc avec acteurs et actrices connus, de l’amibtion, des pulsions, bref, une vraie vision, avec beauté et laideur mélangée, élévation et bassesses !)

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