Olivier Père

Stefan Zweig, adieu l’Europe : rencontre avec Maria Schrader

ARTE diffuse Stefan Zweig, adieu l’Europe (Vor der Morgenröte, 2016) de Maria Schrader mercredi 21 novembre à 20h55, dans le cadre de sa programmation « ARTE fait son cinéma » qui réunit plusieurs de nos coproductions récentes. A cette occasion, nous avons rencontré la réalisatrice Maria Schrader pour discuter avec elle de son film, qui met en scène cinq instantanés du long exil qui a précédé le suicide au Brésil de l’écrivain Stefan Zweig, entre 1936 et 1942. Une sobriété documentaire que l’acteur autrichien Josef Hader rend bouleversante, et une approche profondément originale de la transposition à l’écran d’une partie de la vie, intime et publique, du célèbre écrivain.

Le film sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage pendant sept jours, sur le site d’ARTE.

Josef Hader dans Stefan Zweig, adieu l'Europe de Maria Schrader

Josef Hader dans Stefan Zweig, adieu l’Europe de Maria Schrader

Catégories : Coproductions · Rencontres · Sur ARTE

4 commentaires

  1. Aliocha dit :

    Adieu l’Europe… D’une Maria à une autre Maria, Schneider, celle-là, inoubliable dans le Last Tango, en passant par ici (puisque apparemment sur le site d’Arte on ne peut plus laisser de message concernant un film programmé), disons adieu à Bernardo, dans une indifférence quasi générale des médias français, entre deux reportages et débats enflammés sur les gilets jaunes et le Brexit, disons adieu à celui qui était juste l’un des plus grands cinéastes de la deuxième moitié du « novecento » 😉 un maître dont un Scorsese aura pu dire (je cite de mémoire, c’était dans le numéro des Cahiers du Cinéma spécial où il était rédacteur en chef, le numéro 500) qu’il aurait tout donné pour être capable de pouvoir faire un seul mouvement de caméra de Bertolucci… Une carrière presque exemplaire (dont peut-être seul « Little Buddha » apparaîtra comme une erreur, malgré quelques belles scènes, par sa maladresse gênante dans son traitement du « merveilleux »), depuis les premiers films intimistes jusqu’aux fresques superbes (quand on revoit 1900, on assiste au rêve aujourd’hui mort d’un cinéma qui coûte très cher, « international », tout en étant risqué, personnel, même choquant parfois, et surtout au final sublime), en revenant à la fin (il y avait déjà la maladie, aussi) à des oeuvres plus modestes, pas des « grands films » mais des choses touchantes et d’une cohérence totale par rapport à ses amours cinéphiliques et son parcours, comme une boucle presque, un retour à la simplicité, le besoin d’innocence peut-être… Adieu Bernardo, moi, je ne t’oublierai jamais, perché sur « La luna », je penserai à toi…
    Quant à Arte, si ce soir ils ne bousculent pas leur grille (en virant par exemple l’un des plus faibles Woody Allen de toute sa filmo) pour rendre hommage à ce géant disparu (et qui à mes yeux est en gros l’un des êtres qui, par sa sensibilité, son art très européen tout en étant ouvert vers l’ailleurs, a probablement a fait que cette chaîne puisse exister un jour, carrément, comme Wenders à une époque et ses Ailes du Désir), alors on ne se parlera plus du tout, non mais !…

  2. Aliocha dit :

    Merci à vous pour votre amour du cinéma !! Je m’excuse parce que je crois que je me suis un peu répété (comme si j’étais limite gaga LOL) dans un autre message posté ce soir sur Bernardo, sur votre billet sur 1900, mais j’ai une sacrée mélancolie autour de cette mort, parce que la découverte de La Luna dans les années 90 (pour moi) a été un choc magique (et après j’ai vu tous ses films, à l’exception du tout premier de 1962 et du mystérieux Partner) qui a contribué à me faire encore plus aimer le cinéma d’auteur et m’a marqué plus profondément aussi sur un plan spirituel, humain… Au passage, j’ai aussi sans doute parlé un peu trop vite dans mon même dernier message (genre je demandais presque un cycle Bertolucci à la place d’un cycle Depardieu LOL), parce que j’avais pas encore lu votre réponse (je fais tout à l’envers moi ?!) et je savais pas que vous tentiez en ce moment de récupérer ses autres films !! Enfin donc bref, désolé, et ne tenez pas compte SVP de la partie là-dessus dans mon message…
    Cordialement
    A

    • Olivier Père dit :

      Pour moi aussi la découverte adolescent du cinéma de Bertolucci a été un choc, spécialement La luna – et sa façon de concevoir un mélodrame psychanalytique sur fond d’inceste, de drogue et d’opéra et Le Conformiste bien sûr. Un peu plus tard le génial 1900 et Le Dernier tango à Paris qui est un film désespéré sous son lourd parfum de scandale. Prima della Rivoluzione est un très beau film de jeunesse. Partner est un essai aujourd’hui très daté de dialoguer avec Godard et l’avant-garde américaine. J’avoue que j’ai décroché avec sa trilogie orientaliste mais son retour en Italie avec Beauté volée ne manquait pas d’élégance. Depardieu est un grand acteur, lui rendre hommage est aussi un moyen de saluer les auteurs et cinéastes de talent avec lesquels il a travaillé tout au long de sa carrière. Nous avons choisi Bertolucci, Blier, Téchiné, Rappeneau mais il y a aussi Duras, Truffaut, Ferreri, Sautet, Pialat etc.
      Après Nicolas Roeg c’est un autre cinéaste important des années 70 qui disparaît.

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