Olivier Père

Stefan Zweig, adieu l’Europe de Maria Schrader

Dans le cadre de sa programmation « ARTE fait son cinéma », la chaîne franco-allemande diffuse Stefan Zweig, adieu l’Europe (Vor der Morgenröte), réalisé par Maria Schrader en 2016, mercredi 21 novembre à 20h55. Le film sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage pendant sept jours sur le site d’ARTE. Le film retrace les dernières années de la vie de Stefan Zweig, de son arrivée au Brésil en 1936 jusqu’à son suicide dans le même pays le 22 février 1942, après quelques séjours en Argentine et à New York. L’écrivain avait fui l’Autriche en raison de la montée du nazisme. Maria Schrader s’intéresse au thème de l’exil et montre la tristesse et la culpabilité envahir progressivement Stefan Zweig. En même temps qu’il se réfugie dans l’écriture et découvre les beautés du Brésil, Zweig se désespère de l’arrivée de la guerre et du sort réservé aux Juifs en Europe. Le Brésil symbolise pour Zweig la réalisation d’une utopie de démocratie métissée et pluriculturelle, le monde du futur, par opposition à la vieille Europe qui vacille sous les bottes du nazisme. Stefan Zweig, adieu l’Europe n’est pas un biopic comme les autres. Il se distingue par sa mise en scène, faussement classique. La réalisatrice fragmente son récit en chapitres qui isolent six moments, officiels ou intimes, des voyages de Zweig et de son épouse Lotte. Les moments publics concernent des conférences de presse, invitations officielles ou cérémonies protocolaires désuètes ou maladroites auxquelles l’écrivain se prête avec politesse, reconnaissant de la bienveillance des Brésiliens à son égard. Les moments intimes montrent Zweig en compagnie de sa première femme à New York ou de sa deuxième épouse, plus jeune et souffrante, ou avec des amis lors de brefs instants de bonheur et d’insouciance. Cette opposition entre l’homme public et privé se retrouve au début du film – une réception donnée en l’honneur de Zweig pour son arrivée au Brésil – et dans la dernière scène, d’une surprenante beauté mortifère. Le film s’ouvre et se conclut par deux plans séquences magistraux, d’une infinie délicatesse.

Josef Hader et Aenne Schwarz dans Stefan Sweig, adieu l'Europe de Maria Schrader

Josef Hader et Aenne Schwarz dans Stefan Zweig, adieu l’Europe de Maria Schrader

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

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