Olivier Père

Hamburger Film Sandwich de John Landis

Dans le cadre de sa programmation « Trash » ARTE diffuse Hamburger Film Sandwich (Kentucky Fried Movie) dans la nuit du jeudi 18 octobre, à 1h15. Réalisé en 1977 par un John Landis débutant et écrit par Zucker, Abrahams et Zucker, les futurs créateurs de Y a-t-il un pilote dans l’avion ?, Hamburger Film Sandwich est une comédie à sketches qui tourne en dérision les programmes d’une chaîne de télévision américaine. On y ressent l’influence de The Groove Tube sorti trois ans plus tôt et qui reposait sur le même principe. Les frères Zucker et Jim Abrahams étaient totalement néophytes sur le plan cinématographique et venaient du théâtre, où ils avaient monté des spectacles délirants. Landis les rejoignit pour apporter un peu de professionnalisme à un projet pour le moins farfelu. Sans lien logique, le long métrage enchaîne fausses publicités et bandes annonces de films imaginaires, détournements d’émissions ou de journaux télévisés, sans jamais se départir d’un humour absurde, subversif et provocateur qui fera école dans les années 80. La société de consommation, le cinéma d’exploitation et les mentalités conservatrices sont les cibles favorites des jeunes satiristes de l’American Way of Life. Il est pourtant difficile d’accorder des intentions politiques au film. Les jeunes auteurs de Hamburger Film Sandwich sont des enfants de la contre-culture gavés de programmes télévisés et de sous-produits hollywoodiens, qui recyclent et interprètent de manière volontairement chaotique leurs souvenirs de téléspectateurs. Le plat de résistance de cette compilation au mauvais goût énorme est une parodie hilarante d’Opération dragon intitulée Pour une poignée de Yen qui mixe Le Magicien d’Oz, pimentée de gags surréalistes. Landis prolongera tout au long de sa carrière ce goût de la citation et du clin d’œil référentiel, dans des films qui parviennent à inscrire un commentaire critique souvent teinté d’ironie au sein de l’industrie du divertissement.

 

 

Catégories : Sur ARTE

3 commentaires

  1. Philippe Montonna dit :

    John Landis est un réalisateur inégal mais que j’aime beaucoup, déjà parce qu’il a été capable dans sa filmo l’air de rien de pondre une poignée de films parfaits, qui sont des modèles dans chacun du genre qu’ils abordent : l’horrifique et drôle Loup-Garou de Londres, le musical Blues Brothers, la comédie Un Fauteuil pour deux, et le thriller décalé Série Noire pour une nuit blanche (au beau titre original Into the Night, nom aussi de la super chanson de BB King qui est celle du film)… Dommage de passer l’un de ses premiers longs-métrages aussi tard (surtout que c’est pas si trash que ça en fait, non ?)… Je me demandais au passage un truc : Landis et les gars du National Lampoon faisaient certes déjà des trucs de leurs côtés si j’ai bien pigé, mais auraient-ils vu le film italien avec une proposition de cinoche « mettant en boîte la télé » disons, pour résumer, pas trop éloignée qu’est Mesdames et Messieurs Bonsoir, sorti en 1976 ?… Je m’interroge, sachant que Landis a toujours dit qu’il aimait entre autres le cinéma européen (il a même tenté de faire jouer Godard dans Into the Night, mais c’est finalement Roger Vadim qui a joué le rôle prévu pour lui !!) ?…

    • olivierpere dit :

      La référence du film c’est surtout The Groove Tube (Faites-le avec les doigts) de Ken Shapiro réalisé en 1974, sur le même principe mais encore plus trash. Pas sûr que Landis ait vu le film italien malgré sa cinéphilie et son séjour à Cinecittà, et encore moins sûr que les ZAZ (véritables auteurs du film) l’aient vu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *