Olivier Père

Le Train de Pierre Granier-Deferre

ARTE diffuse dimanche 7 octobre à 20h50 Le Train, réalisé en 1973 par Pierre Granier-Deferre, en version restaurée.

Le Train évoque sur un mode intime et romanesque un épisode douloureux de l’Histoire de France : l’exode, sur les routes et les voies ferrées, en mai 1940, des populations belges et françaises au début de l’offensive allemande. Le film, parsemé d’images d’archives, montre le désarroi des milliers de réfugiés et de familles en fuite sous la menace mortelle des avions ennemis, mais aussi le climat de vacances et de rapprochements sociaux qui marque ce long voyage hasardeux. La mort mais aussi le sexe, la rigolade et l’amour s’invitent au cour d’un périple qui permet aux passagers de révéler leurs véritables natures et leurs aspirations cachées.

Après Le Chat et La Veuve Couderc, Pierre Granier-Deferre porte une nouvelle fois à l’écran un roman de Georges Simenon, avec la complicité de son scénariste Pascal Jardin. Le film comme le livre adoptent le point de vue d’un homme qui, séparé de son épouse et de son enfant, fait l’expérience paradoxale de la liberté et de l’amour au milieu de la panique générale. Le Train comme ses adaptations précédentes de Simenon compte parmi les réussites de Granier-Deferre, dont les meilleurs films, à l’exception de la comédie policière Adieu poulet, sont imprégnés d’une tristesse durable et poisseuse.

Le Train est avant tout le récit d’une brève et intense passion qui va se nouer entre Julien, un homme ordinaire (Jean-Louis Trintignant) et Anna (Romy Schneider), une femme mystérieuse rencontrée dans un wagon. Cette rencontre décisive permet d’évoquer avec pudeur les tragédies provoquées par l’occupation allemande et la collaboration. Un épilogue différent de la conclusion du roman vient sceller le destin des amants secrets, victimes de la barbarie de leur temps. Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider sont profondément émouvants. Le geste de Trintignant en direction du visage de sa partenaire, lors du dénouement final, n’a pas fini de nous bouleverser à chaque nouvelle vision.

Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider dans Le Train de Pierre Granier-Deferre

Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider dans Le Train de Pierre Granier-Deferre

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2 commentaires

  1. Philippe Montonna dit :

    On a du Verneuil, du Andrew McLaglen, du Pierre Granier-Deferre sur Arte actuellement, mais pour une raison qui m’échappe (pas envie ? pas les droits ? pression de l’audimat, du service public, de la direction, de la TNT, que sais-je ?), jamais de (je dis bien, actuellement) :
    Raoul Ruiz, Oliveira, Béla Tarr, Sokourov, Robbe-Grillet, Alberto Sierra, Reygadas, Rivette, Oshima, Yoshida, Ozu, Monteiro, Garrel, Eustache, Hou Hsaio-Hsien, Paradjanov, Pasolini, et un tas d’autres cinéastes du monde entier qu’on ne voit sur aucune chaine gratuite…
    Plusieurs questions me taraudent donc (et vraiment, pour une fois, j’aimerais bien que mon message soit pas supprimé par un modérateur ou soi-disant pris pour du Spam), que je me pose, et que je vous pose : finalement, pourquoi ?
    Pourquoi continuer de financer des auteurs du cinéma du monde en ce moment pour diffuser à la place de leurs prédécesseurs (voire d’eux-mêmes) des trucs informes ou alors de beaux films (Sautet, Rappeneau) mais vus et revus, et disponibles dans tous les supports possibles ?
    Pourquoi alors qu’à une époque encore récente sur votre chaine, des films comme Au Feu les Pompiers, La Dolce Vita ou Les Sept Samouraïs étaient diffusés en premier film de la soirée, quand ils le sont maintenant c’est quasi toujours en deuxième partie de soirée ?
    Mystère…

  2. chris200 dit :

    Très beau film émouvant
    Musique de Philippe Sarde mélancolique et tout à fait adapté à ce drame porté par 2 très bons acteurs

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