Olivier Père

Du silence et des ombres de Robert Mulligan

Lost Films ressort en salles Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird, 1962) mercredi 8 février. Héritier du cinéma américain classique par sa description de l’Amérique, longtemps associé à Alan J. Pakula qui produisit ses films jusqu’en 1968, Robert Mulligan apporte une certaine modernité à des scénarios originaux et courageux. Mulligan aborde le sujet du racisme dans Du silence et des ombres avec Gregory Peck (photo en tête de texte), qui bénéficie d’une extraordinaire réputation aux Etats-Unis. C’est l’adaptation du roman de Harper Lee « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », prix Pulitzer en 1961 grand succès populaire et classique instantané de la littérature américaine. Le film dessine la chronique d’une petite ville d’un état du sud réveillée de sa torpeur par un fait-divers criminel (un viol) qui va exciter le racisme à fleur de peau des habitants. Un avocat intègre, qui élève seul ses enfants après la mort de sa femme, va prendre la défense de l’accusé, un homme noir. On pensait voir un film humaniste et un pamphlet antiraciste (ce que Du silence et des ombres est indubitablement) dans la lignées des production Stanley Kramer, et l’on découvre une œuvre beaucoup plus complexe, retorse, qui évoque les peurs et les rêveries de l’enfance, confrontée à la violence des adultes et à la part fantastique du monde quotidien. Les scènes les plus belles du film, malgré l’interprétation remarquable de Gregory Peck, ne concernent pas le procès, très classique, mais les jeunes enfants fascinés par une maison et ses habitants invisibles et effrayants dans le quartier. On pense à La Nuit du chasseur de Charles Laughton sur les premiers contacts entre des enfants, le danger, le deuil et la mort. Ce thème sera aussi abordé dans L’Autre et Un été en Louisiane. Nul doute que le film de Robert Mulligan, véritable institution aux Etats-Unis, a influencé plusieurs longs métrages ou séries télévisées américaines, comme Blue Velvet, Twin Peaks de David Lynch, Donnie Darko de Richard Kelly ou Le Sous-sol de la peur de Wes Craven, qui explore les contrées sombres de l’inconscient et des frayeurs juvéniles, en plus des nombreux drames antiségrégationnistes tournés après lui.

 

Du silence et des ombres sera diffusé sur ARTE lundi 26 juin à 23h25.

Zur ARTE-Sendung Wer die Nachtigall stört 1898668: Die aufgeweckte Scout (Mary Badham) pflegt eine liebevolle Beziehung zu ihrem Vater (Gregory Peck). © 1963 Pakula-Mulligan Produtions, Inc. & Brentwood Productions, Inc. Foto: ZDF Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tvZur ARTE-Sendung Wer die Nachtigall stört 1898668: Die aufgeweckte Scout (Mary Badham) pflegt eine liebevolle Beziehung zu ihrem Vater (Gregory Peck). © 1963 Pakula-Mulligan Produtions, Inc. & Brentwood Productions, Inc. Foto: ZDF Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv

Mary Badham et Gregory Peck dans Du silence et des ombres de Robert Mulligan
© 1963 Pakula-Mulligan Produtions, Inc. & Brentwood Productions, Inc.

Catégories : Actualités · Sur ARTE

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