Olivier Père

Vivre de Akira Kurosawa

Wild Side poursuit son exhumation des années Toho de Akira Kurosawa, avec des chefs-d’œuvre du cinéaste réalisés pour le grand studio japonais, pour la première fois en France dans des versions HD et restaurées. A partir du 27 avril on pourra revoir deux titres essentiels, mais dissemblables par leur notoriété : le relativement méconnu Vivre dans la peur (1955), que nous avons déjà évoqué à l’occasion de sa reprise en salles, et Vivre (Ikiru, 1952), qui fut au contraire l’un des films les plus célébrés et admirés de Kurosawa, dès sa sortie dans son pays d’origine (énorme succès au box office nippon) et à l’international (présentation au Festival de Berlin et distribution sur de nombreux territoires dans le monde).

On ressent dans Vivre l’influence de la pensée occidentale et du cinéma néo-réaliste italien et en particulier. Vivre, sur l’histoire d’un employé de bureau timoré qui à l’annonce de sa mort prochaine (il est condamné par la médecine) découvre qu’il n’a jamais vécu et décide de donner enfin un sens à sa vie. Dès le premier plan du film la voix d’un narrateur nous annonce sur des images de radios médicales la mort programmée d’un homme ordinaire, qui ne sait pas encore qu’il est atteint d’un cancer. Derrière son apparent classicisme Vivre se révèle d’une construction narrative très ambitieuse, rivalisant en audace et en modernité avec celle de Citizen Kane. Le film est divisé en deux longues parties bien distinctes, la seconde se déroulant après le décès du personnage principal, avec de nombreux retours en arrière. Kurosawa expose dans ce film bouleversant sa philosophie de la vie, qui est aussi une philosophie de l’action, et offre à son acteur fétiche Takashi Shimura son plus grand rôle.

Takashi Shimura dans Vivre de Akira Kurosawa

Takashi Shimura dans Vivre de Akira Kurosawa

Catégories : Actualités

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