Olivier Père

ARTE France Cinéma coproduit les prochains films de Alain Cavalier et de Asghar Farhadi

Le comité de sélection d’ARTE France Cinéma, qui s’est réuni le 26 janvier, a décidé de soutenir deux projets de longs métrages, Tout s’est bien passé de Alain Cavalier (produit par Caméra One) et Forushande de Asghar Farhadi (coproduit par Memento Films Production et Farhadi Film Production).
Deux grands réalisateurs, l’un français et l’autre iranien.
Issu de la scène théâtrale, Asghar Farhadi est vite passé maître dans la dramaturgie et la psychologie au cinéma. Ses films lui ont valu une réputation critique grandissante dans son pays et à l’étranger, jusqu’à la consécration avec Une séparation en 2011, couvert de prix et formidable succès public dans le monde entier.
Forushande, dont le tournage a lieu actuellement à Téhéran, sera le septième long métrage de Asghar Farhadi. Une histoire forte et implacable dont le cinéaste a le secret.
« Un jeune couple en proie à des difficultés quotidiennes laisse échapper une violence jusque-là sous-jacente. Le film suit la lente transformation d’un homme calme et inoffensif en un être intransigeant et cruel. Dans la ligne de mes films précédents, l’enjeu est ici de voir comment des pressions sociales peuvent faire dériver les individus à leur insu. » (Asghar Farhadi)

Asghar Farhadi © Habib Majidi-SMPSP

Asghar Farhadi © Habib Majidi-SMPSP

Alain Cavalier (photo en tête de texte © Alain Cavalier) expérimente sans relâche de nouvelles formes fictionnelles ou documentaires, depuis qu’il a délaissé le cinéma traditionnel pour emprunter des chemins de traverse, définitivement libéré de la lourdeur des tournages par les petites caméras numériques. Tout s’est bien passé marque le retour à la fiction pour cet essayiste du cinéma. Il s’agit en effet du premier scénario pour un film d’Alain Cavalier depuis 25 ans (Libera me) et Tout s’est bien passé prévoit, selon les mots du cinéaste, « un mélange de préparation et de liberté d’exécution ». Le film est l’adaptation du roman éponyme de Emmanuèle Bernheim publié chez Gallimard en 2013, dans lequel elle raconte comment son père, handicapé à la suite d’un accident vasculaire cérébral, lui demande de l’aider à mettre fin à ses jours. Alain Cavalier et Emmanuèle Bernheim ont écrit et interpréteront le film ensemble, lui dans le rôle du père, elle dans celui de la fille (son propre rôle).

« Tout s’est bien passé s’inscrit dans ma vie de metteur-en-scène-devenu-filmeur comme une réconciliation entre ma première manière de cinéma et ma recherche après : filmer la vie, là, à l’instant.

La vie, c’est quand on est deux, sans surveillance, libres.

Avec Vincent Lindon pour Pater.

Avec Bartabas pour Le Caravage.

Avec Emmanuèle Bernheim, je suis au maximum de la connivence. » (Alain Cavalier)

 

Catégories : Actualités · Coproductions

2 commentaires

  1. ballantrae dit :

    Deux projets prometteurs, forcément prometteurs.Encore bravo à Arte et donc à vous, Olivier!
    Même si A Farhadi m’a un peu déçu avec Le passé (trop de twist tue le twist), il n’en demeure pas moins qu’il reste un grand cinéaste qui sait construire des récits-pièges implacables aux personnages bien dessinés et aux enjeux dramatiques aussi « vrais » que conceptuellement parfaits.Farhadi a comme hérité d’une partie du cinéma de Kiarostami ( Close up, Et la vie continue) tandis que J Panahi puise dans Ten pour Taxi Téhéran.
    Et A Cavalier est le créateur libre que l’on sait.Il me semble que Pater participait d’un retour à la fiction et avant lui René ( mais y avait-il scénario? Cela je l’ignore…).
    Il serait bien qu’un petit billet revienne peut-être rappeler combien le cinéma de Rivette était complexe, précieux et passionnant.J’ai très envie de revoir La belle noiseuse mais aussi La bande des quatre, Duelle ou le très secret Ne touchez pas la hâche.Qui aime Balzac se doit de voir le cinéma de Rivette qui en est l’un de ses plus fins lecteurs.

    • olivierpere dit :

      Merci à vous. Pas vu Le Passé mais ce nouveau scénario de Farhadi (qui ne contient pas de twist et procède au contraire par une progression dramatique et un suspens à la fois imprévisible et très bien construit) est formidable, et permet d’être impatient de découvrir le film. Pater était plus proche de l’essai politique / psychanalytique avec une mise en abyme mélangeant acteurs, rôles et personnage privés. Il n’y avait pas de scénario écrit au préalable, le film étant largement improvisé (je ne sais pas pour René). Emu par la disparition de Rivette cinéaste qui fut aussi l’un des grands critiques de sa génération, et qui demeura fidèle à une éthique du cinéma héritée de Bazin, Renoir et Rossellini, ses maîtres. je garde un souvenir très fort de OUT 1 NOLI ME TANGERE sans doute son chef-d’oeuvre qui contenait en 1970 tous ses films passés et à venir, inspiré de l’Histoire des Treize de Balzac, écrivain sur lequel Rivette est souvent revenu en effet. J’espère avoir le temps d’en parler plus longuement ici – Carlotta a permis aux cinéphiles de découvrir enfin ce titre essentiel du cinéma moderne, en salles et dans un beau coffret DVD / BR.

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