Olivier Père

Assurance sur la mort de Billy Wilder

Carlotta propose à la vente en blu-ray à partir du 2 juillet Assurance sur la mort (Double Indemnity) dans un nouveau master restauré haute définition, accompagné de nombreux suppléments. En 1944, Wilder se sépare momentanément de son scénariste attiré à l’époque Charles Brackett et décide d’adapter à l’écran, avec la complicité de Raymond Chandler, le roman de James M. Cain « Double Indemnity ». Le résultat est le premier chef-d’œuvre de Wilder, et un classique absolu du film noir américain, porté par un trio d’acteurs admirables (Fred MacMurray, Barbara Stanwick et Edward G. Robinson) et la musique de Miklos Rosza. C’est aussi la révélation de la face sombre et cruelle de la personnalité de Wilder, de sa vision très pessimiste du monde qui s’exprimeront par la suite dans plusieurs titres importants de son œuvre (Le Poison, Boulevard du crépuscule, Le Gouffre aux chimères).

Fred MacMurray et Barbara Stanwyck

Fred MacMurray et Barbara Stanwick

Walter Neff (Fred MacMurray), un employé d’une compagnie d’assurances, tombe amoureux de sa cliente Phyllis Dietrichson (Barbara Stanwick) qui réussit à le convaincre d’échafauder avec elle un plan pour supprimer son mari encombrant et violent et ainsi partager avec elle l’assurance-vie de ce dernier. Walter Neff dont le meilleur ami Barton Keyes (Edward G. Robinson) est un fin limier qui enquête sur les fraudes à l’assurance dans la même compagnie que lui pense avoir trouver le plan parfait pour faire passer un meurtre pour un accident. Mais les choses ne se termineront pas comme prévu. C’est justement par la fin que Wilder commence son histoire, racontée par Neff blessé qui se confesse dans le bureau de Keyes. Ce procédé de récit en flash back, qui plonge dès le début le film dans une atmosphère de noirceur et de désespoir, assez nouvelle pour l’époque – c’est sans doute Le jour se lève de Marcel Carné qui lancera la mode en 1939 – sera repris de manière plus radicale par Wilder dans Boulevard du crépuscule (avec la voix off d’un mort flottant dans une piscine) puis dans Fedora. Assurance sur la mort doit bien sûr beaucoup à Barbara Stanwick, géniale actrice à la filmographie magnifique – elle et Bette Davis n’ont pratiquement joué que dans des grands films – et qui créée ici un modèle de garce et de femme fatale, à la séduction vénéneuse et irrésistiblement sexuelle, presque le Mal incarné. Le film de Billy Wilder capte – et reconstitue – aussi à la perfection l’ambiance du Los Angeles des années 40, et surtout ses intérieurs – maison, appartement, bureaux et le fameux supermarché où les amants se retrouvent en secret (photo en tête de texte) : la photographie et la direction artistique ne sont pas étrangères à la fascination qu’exerce encore Assurance sur la mort soixante-dix ans après sa réalisation.

 

 

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