Flic acariâtre, malade et porté sur l’alcool, Georges Deblache veut sauver son meilleur ami, Mannoni, trafiquant de drogue notoire qui s’attend à être assassiné par le milieu. Pour protéger la femme et le fils de ce dernier, lequel se planque dans Paris, Deblache installe dans leur maison son coéquipier, Théron, pour quelques nuits. Il en profite pour se rapprocher de Barbara, la jeune et troublante épouse de son collègue, qu’il veut absolument séduire.
Elle compte pas pour des prunes
Centré sur l'étonnante rencontre entre Lio et Claude Brasseur, Sale comme un ange est sans doute l’un des films les plus noirs de Catherine Breillat. L'ancienne scénariste de Maurice Pialat, auquel, à l'origine, elle destinait le script et qui l'avait refusé, a choisi de le réaliser elle-même après avoir adapté à l'écran ses deux romans – 36 fillette, mais aussi Soupirail, un film pornographique jamais distribué. Catherine Breillat emprunte au genre du policier ses attendus (la grisaille de la vie de flic, les interrogatoires musclés, les descentes dans les bas-fonds) pour régler ses comptes à certains types d'hommes : les misogynes, les manipulateurs, les forceurs. Claude Brasseur compose un flic solitaire et hargneux, rongé par le désir, dont le machisme s’arrime à un désenchantement dépourvu de scrupules. L’emprise qu’il semble exercer sur Lio est de celles qui n'étaient pas forcément dénoncées à l'époque, mais la jeune femme, troublante de beauté froide, se révélera bien moins candide qu’elle ne le laissait paraître, comme le suggère l’oxymore du titre. Comme un doigt d’honneur à ceux qui se jouaient d’elle et l’affirmation d'une liberté reconquise.