Tarek, chauffeur de taxi à Cologne, tombe sur une annonce qui réveille ses instincts d'ex-journaliste. Dans le cadre d'une étude comportementale dirigée par le professeur Thon, une équipe scientifique recherche vingt hommes acceptant d'être enfermés dans une prison fictive pendant quinze jours. Huit d'entre eux joueront des gardiens, les douze autres, des prisonniers. Armé de lunettes capables de filmer ce qu'il voit, Tarek est placé en cellule. Mais alors que la violence est prohibée, le jeune homme, qui joue les fauteurs de trouble pour nourrir son reportage, est bientôt dépassé par les abus de pouvoir des geôliers, emmenés par le cruel Berus...
Déshumanisation fulgurante
Humiliations, manipulations, châtiments corporels... Prenant sa mission au sérieux, au point de perdre le contact avec la réalité et de court-circuiter les chercheurs, Berus soumet les prisonniers à des tortures de plus en plus effroyables. Le huis clos, uniquement adouci par la solidarité entre captifs et la promesse d'un amour extérieur, vire alors à l'épreuve de survie pour Tarek et ses camarades, coincés dans un dispositif où les règles n'ont plus cours. Inspiré par la célèbre – et controversée – expérience de Stanford, menée par un psychologue avec des étudiants, ce thriller d'Oliver Hirschbiegel (La chute) interdit aux moins de 16 ans, livre une sombre vision de l'humanité, entre comportements sadiques et effet d’entraînement. Servi par une mise en scène nerveuse, il repose sur l'intense face-à-face entre Moritz Bleibtreu (Tarek) et Justus von Dohnányi (Berus), et a donné lieu à un remake américain dix ans plus tard.