C’est peut-être grâce à elle que Florence existe telle que nous la connaissons : Anna Maria Luisa de Médicis, dernière descendante de la lignée, morte sans héritier en 1743, a demandé dans son testament que les trésors issus des collections de sa famille soient légués à la ville et y demeurent, afin que la capitale de la Toscane brille comme l’un des centres d’art et d’histoire les plus importants au monde. La villa qu’elle a occupée jusqu’à la fin de sa vie, surnommée "La Quiete" (“le calme”), témoigne, à travers ses fresques et ses jardins, de cet héritage extraordinaire qui ne cesse d’être redécouvert grâce au travail de restaurateurs, d’architectes et d’historiens.
Violence et passion
Dans la région de Florence, la villa est bien entourée : Poggio a Caiano, propriété construite par Laurent le Magnifique pour accueillir les lunes de miel des jeunes mariés de la famille, est ainsi considérée comme l’emblème parfait de la "villa Renaissance" ; le parc de Pratolino, qui servait de nid d’amour à François de Médicis et à sa maîtresse Bianca Cappello, figure aujourd’hui au patrimoine mondial de l’Unesco. Cerreto Guidi, Cafaggiolo, Petraia… : toutes ces demeures se font l’écho de l’histoire tumultueuse de la dynastie, et de son usage politique du mécénat artistique. En employant les plus grands génies artistiques de leur temps (Michel-Ange, Boticelli, Léonard de Vinci, Donatello), les Médicis étendaient leur influence tout en inscrivant leur prestige et leur puissance dans l’histoire. De fait, leurs villas sont pour la plupart restées intactes. Œuvrant à leur conservation et honorant ainsi le vœu de leur illustre donatrice, des spécialistes passionnés nous en ouvrent les portes dans ce documentaire.