À suivre :
Les Promesses du sol (1/8)Les Corps électriques
48 min
Disponibile dal 16/09/2025
À 40 ans, Raphaël Stora, réalisateur et fils de l’historien Benjamin Stora, ravive sa passion pour la danse hip-hop. Avec sa caméra il explore son passé et ses liens familiaux tout en filmant ses pairs, dont les corps en mouvement résonnent avec ses questionnements intimes.
À un peu plus de 40 ans, Raphaël Stora, qui se filme lui-même depuis qu'au sortir de l'enfance, électrisé par le moonwalk, il a décidé de devenir danseur hip-hop, a la même silhouette longiligne, la même mine de Pierrot lunaire que lorsqu'il passait des heures à répéter ses pas dans sa chambre d'ado. Jeune homme, il a dansé, beaucoup, notamment au sein du "crew" Section C, puis s'étant persuadé que la marche était trop haute, il a choisi un temps une carrière de vidéaste, au service de cet art dont il sait à merveille transmettre l'énergie viscérale. Ce documentaire à la première personne commence comme un nouveau départ, puisqu'il a décidé de renouer avec son grand rêve en faisant son possible pour redevenir danseur professionnel. Si son père, l'historien Benjamin Stora, autorité incontestée sur la guerre d'Algérie, mène à ses yeux un combat plein de noblesse, Raphaël, lui, fait le bilan de ses errances et de ses échecs, et cherche à retrouver des forces en filmant la danse de celles et ceux qu'il admire : Mounia Nassangar, les BGirls and boys d'une battle de whacking, puis du Summer Dance Forever d'Amsterdam, l'un des festivals hip-hop les plus prestigieux au monde où, sur un coup de tête, il se lance dans l’arène... Entre un Nouvel An lose où, en tête-à-tête avec sa mère autour d'une tisane, il se résout à demander de nouveau à son père une aide financière, et le parcours initiatique qui l'amène sur la scène du Théâtre de la Ville, à Paris, dans une chorégraphie de Saïdo Lehlouh (Témoin, en février 2024), il partage avec autant de sincérité que de profondeur sa passion du hip-hop, et l'histoire familiale dans laquelle s'enracine son désir empêché de danser.
Le fil du père
Pourquoi Raphaël Stora a-t-il été ébloui si jeune par cet art né de la rue et porté par la solidarité, mais aussi l'urgence, voire la rage, de l'expression de soi ? Pourquoi, alors que son désir se concrétise, se sent-il rattrapé par le vide ? Suzanne, une jeune femme dont il filme l'irrésistible bonheur de danser, lui donne un indice : pour prendre sa place au milieu du cercle, peut-être faut-il accepter sa propre fragilité, et du même coup celle de l'autre – par exemple de cette écrasante figure paternelle qui a si longtemps semblé déçue par les choix de son fils. Face tantôt à la caméra, tantôt à un simple téléphone, Benjamin Stora, lui aussi, accepte de baisser la garde. Comme un fil ténu, le cheminement l'un vers l'autre du père et du fils autour de la douleur partagée d'un deuil sous-tend cet hommage vibrant à toutes les familles de la danse hip-hop.
Réalisation
Raphaël Stora
Auteur.e
Raphaël Stora
Production
ARTE France
Unité
Pays
France
Année
2024