Marie, 50 ans, réalisatrice, reçoit un jour chez elle une malle contenant de nombreux albums et films consacrés à sa famille. Son père, aujourd’hui malade, travaillait dans les années 1950-1960 comme photographe industriel à Cologne, et passait son temps de loisirs à documenter sa vie domestique. Ébranlée par ces images, Marie replonge dans les années qui ont suivi la mort de sa mère, marquées par le sceau d’un patriarcat ordinaire.
L’ancien monde
Dans cette fiction que l’on devine autobiographique, la documentariste Petra Seeger se penche sur les années de formation d’une femme allemande, issue de la première génération née après la guerre de 1939-1945. Pas de drame refoulé, pas de secret inavouable dans son histoire, au contraire, les photos prises par le père font resurgir une enfance et une adolescence presque banales, où la violence a été vécue de manière sous-jacente, insidieusement portée par une éducation dont la rigidité empreinte de sexisme était alors perçue comme juste. Par le biais du montage, les souvenirs de Marie se mêlent à des archives montrant des scènes de la vie domestique de l’époque. Comment se réapproprier un passé dont l’image a en grande partie été construite par les pères ? C’est cette question que pose ce retour en arrière sur un ton doux-amer. Marie s’y confronte douloureusement, ouvrant la possibilité d’une réconciliation.