"Ça a poussé hier soir." Stojan, un homme doux et inoffensif, réfugié et sans emploi, se retrouve subitement affublé d'une auréole étincelante. Dans le bidonville où il vit avec sa femme et leur fille, les réactions vont du rejet à l'idolâtrie. Après avoir tenté de se débarrasser de l’excroissance divine par tous les moyens, Stojan, poussé par son épouse, se résout à commettre une série de péchés capitaux censés le faire redescendre sur terre… Huit ans plus tard, un ouvrier simplet croit pouvoir communiquer avec sainte Parascève par l'entremise d'un téléphone portable. Condamné à la peine de mort pour meurtre, l’homme se métamorphose en nourrisson le matin de son exécution. Vingt-cinq ans après, un peintre clochard réalise une œuvre qui a le pouvoir de remplir les estomacs vides.
Pauvres pécheurs…
Inspiré des nouvelles La grâce, Dermuche et La bonne peinture de Marcel Aymé, Heavens Above imagine une société postcommuniste où, après un demi-siècle d'athéisme forcé, un christianisme balbutiant fait son retour sous la forme de trois miracles aux conséquences forcément chaotiques. Sur une période d’une trentaine d’années, de 1993 à 2026, cette fresque au vitriol de Srdjan Dragojevic (La parade) illustre par l'absurde les thématiques bibliques (le péché, la miséricorde, l'idolâtrie…) et n'épargne pas les hommes, premiers responsables des mésinterprétations en cascade qu'ils font de la parole divine. Une fable acerbe et sans concession sur la stupidité, où brille l'acteur Goran Navojec, extraordinaire en type inoffensif que la peur du miracle fait courir dans une direction radicalement opposée à la sainteté.