Scénariste en manque d’inspiration, Léo traque le loup sur un causse de Lozère. Il y rencontre une jolie bergère, Marie, qui vit avec son père et ses deux garçons. Après lui avoir donné un fils, cette dernière prend la fuite avec ses aînés. Incapable d’écrire mais finalement comblé par sa paternité, Léo sombre peu à peu dans la misère. Il se réfugie alors à la montagne et son enfant lui est retiré pour être confié à Marie. Semée de doutes et de fantasmes, sa route croise celle de trois hommes : Jean-Louis, le père de Marie, Yoann, un éphèbe sans le sou, et Marcel, le vieillard hargneux dont s’occupe ce dernier.
Radicalité
Dans cette période de vagabondage affectif, de libido hésitante (hommes ou femmes, jeunes ou vieux ?) et de panne créatrice, le besoin de fuir éprouvé par Léo se double d’un désir inattendu d’enfant. Délaissant la sensualité solaire et hédoniste de son film précédent, L’inconnu du lac, Alain Guiraudie capte un voyage intime et géographique à travers la France d’aujourd’hui. Le huis clos en plein air cède la place à une grande variété de paysages naturels et urbains, mais aussi mentaux : Rester vertical embrasse une foule de sujets sociétaux – homoparentalité, précarité, écologie, suicide assisté… –, sans se départir d’une inspiration mythologique, voire biblique. Si, comme toujours chez Guiraudie, certaines incongruités sont posées comme normales, ce film marque une rupture avec sa veine fantaisiste, pour prôner la radicalité, à la fois esthétique et politique. Sidérante de beauté, la dernière séquence, où Léo entre en contact avec les loups, résume puissamment la quête du cinéaste, à la croisée du mythe et de l’utopie, du sexe et de la mort, du rêve et de la réalité.