En 1980, à Madrid. Enrique, cinéaste de 27 ans, cherche une histoire pour son prochain film. Il est approché par un jeune acteur, Angel, muni d’un remarquable scénario. L’inconnu, par ailleurs fort à son goût, affirme être Ignacio, son ami d’enfance au collège des jésuites et son premier amour. Le destin lie à nouveau les deux garçons par une sorte de providence divine. Mais Enrique, intrigué par cet Ignacio qu’il ne reconnaît pas vraiment, s’aperçoit que la réalité de leurs retrouvailles est moins idyllique qu’il n’y paraît…
Mâle éducation
Movida, pensionnat religieux de province au milieu des années 1960, metteur en scène débutant sa carrière à l’aube des années 1980… : le scénario de La mauvaise éducation, sans être totalement autobiographique, s’inspire des périodes clés du parcours de Pedro Almodóvar. Dérivé espagnol du Vertigo d’Alfred Hitchcock, le récit confronte la mémoire et le souvenir, fonctionnant par strates successives qui se contredisent ou s’annulent selon une spirale propre au film noir. Fidèle à son amour du mélo, Almodóvar n’hésite pas à exhiber toutes les coutures du récit. Assumant le caractère bancal de ces arabesques (voix off explicative, recours prononcé au flash-back), les emprunts hitchcockiens se rapprochent de ceux, maniéristes eux aussi, de Brian De Palma. Le brio décadent de ce dernier y est remplacé par une rudesse des rapports, lié peut-être au casting quasi exclusivement masculin.