Routier sans histoire, Jean Chape promène son camion flambant neuf sur les petites routes de France, de livraison en livraison. Mais un matin pluvieux, après avoir pris congé de sa compagne, il roule sur le corps inanimé d'un gangster qui s'était récemment évanoui dans la nature en doublant ses associés, escamotant 50 millions de francs. Au chômage forcé après la mise à la fourrière de son véhicule, Jean voit débarquer dans sa campagne les complices du malfrat, persuadés qu'il a subtilisé le magot… Pour déjouer leurs plans macabres, il fait appel à ses amis routiers.
Les routiers sont sympa
Qu'ils sonnent bien dans la bouche de Gabin, les dialogues savoureux de Michel Audiard pour cette première collaboration cinématographique, avant les cultes Le cave se rebiffe ou Un singe en hiver… Le scénario simpliste (on embête Jean Gabin, Jean Gabin se fâche), adapté d'un roman de la collection "Série noire" de Gallimard, s'oubliera sans regrets. Mais on s'immerge avec délectation dans ce document quasi ethnologique d'une France rurale des années 1950 en bras de chemise, où les routiers font leur sieste sur le bord des départementales et, en passant à la station-service, en profitent pour réserver leur pot-au-feu du soir auprès du boucher, venu faire le plein de sa camionnette…