Olivier Père

Donnie Brasco de Mike Newell et Mississippi Burning de Alan Parker

ARTE propose de revoir ou de découvrir en mai deux films américains réussis, possédant la particularité d’avoir été réalisés par des metteurs en scène britanniques, malgré des sujets profondément ancrés dans l’histoire de la violence aux Etats-Unis : la mafia et la ségrégation raciale dans les états du sud.

 

Dans Donnie Brasco (1997), un agent du FBI sous couverture se lie d’amitié avec un tueur à gages. Celui qui n’a été pendant trente ans qu’un modeste porte-flingue au service de l’organisation voit dans le jeune homme un fils prodigue, auquel il confie ses désillusions. Mais cette étrange relation va mettre en péril la vie et la mission de l’agent spécial, coupé de son milieu et en proie au doute. Le film s’appuie sur l’histoire vraie de Joseph D. Pistone, ayant infiltré le clan des Bonanno, l’une des cinq familles de la mafia de New York à la fin des années 1970. Alors qu’on aurait pu attendre Sidney Lumet, Martin Scorsese ou Brian De Palma aux commandes, c’est au britannique Mike Newel que fut confié le projet. Il s’en tire avec les honneurs, en se concentrant sur l’étude psychologique des personnages. Le casting est superbe, porté par Al Pacino et Johnny Depp au sommet de leur art.

 

Mississippi Burning, réalisé en 1988 par Alan Parker, est l’adaptation d’un fait réel. En juin 1964, trois militants pour les droits civiques sont assassinés dans l’état du Mississippi. Les trois victimes travaillaient pour la campagne appelée « Freedom Summer », afin d’inciter les Noirs américains à s’inscrire sur les listes électorales. Leurs corps ont disparu sans laisser de traces, mais les spectateurs assistent à leur exécution, une nuit à bord d’une voiture, dans le prologue du film. Deux agents du FBI, aux méthodes opposées mais complémentaires, sont chargés de mener l’enquête, dans un climat sous haute tension de violence et de racisme. Le film a été entièrement tourné dans le Mississippi et l’Alabama, où le Ku Klux Klan était encore très implanté. Cela confère à ce puissant thriller politique un surcroit d’authenticité. Alan Parker signe ici l’un de ses meilleurs films, tendu et sans fioritures, remarquablement interprété par Gene Hackman, Willem Dafoe et Frances McDormand.

 

Donnie Brasco

Diffusion le dimanche 3 mai à 21h.

 

Mississippi Burning

Diffusion le dimanche 24 mai à 21h.

 

 

Catégories : Sur ARTE

3 commentaires

  1. MB dit :

    Bonjour
    à me souvenir du doc HBO « ALL THE WAY » de Jay Roach sur Lyndon Johnson diffusé sur Arte il y a quatre ou cinq ans et qui consacre une partie du métrage a ces meurtres des trois activistes noirs (les Meurtres de la Freedom Summer cf Wikipedia par exemple) , le film de Parker a bien besoin d’un « surcroît d’authenticité » vu la façon scandaleuse ou pardonnable, selon le degré d’intérêt pour l’authenticité historique de chacun d’entre nous, avec laquelle le film relate l’intervention du FBI qui fut réellement prouvée comme lamentable pour son manque de conviction et d’implication, à l’opposé de ces deux cow-boys héros du film. La scène dans un bar dans laquelle Hackman terrorise un groupe de racistes KKK est ridicule, c’est du pipeau et reprend tous les clichés du film d’action. La cause antiraciste est ici saisie par Parker comme un atout commercial complaisant. Mieux vaut-il de se réfugier dans la fiction délirante comme avec
    Ceci dit le film est assez excitant comme polar, surtout hors de la scène du bar… mais en ce qui concerne l’authenticité je frémis!

  2. MB dit :

    … comme avec ANGEL HEART!

  3. Bertrand dit :

    non, pas Deneuve mais Agnès Jaoui.

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