Olivier Père

Thelma de Joachim Trier

ARTE diffuse lundi 8 novembre à 22h55 Thelma, réalisé par Joachim Trier en 2017. Le film sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv.

Si son dernier film en date, Julie (en douze chapitres) rencontre actuellement un beau succès en salles après un sélection cannoise remarquée (Renate Reinsve y remporta le prix d’interprétation féminine), il en fut autrement pour son quatrième long métrage Thelma, refusé par les grands festivals internationaux, boudé par la critique et le public. Il est temps de réparer une injustice et de réévaluer ce film brillant et tranchant, exploration du versant sombre de la psyché féminine, lui aussi magnifiquement interprété par une jeune actrice norvégienne, Eili Harboe, dans le rôle-titre.

Dans une université d’Oslo, Thelma, une étudiante, est d’abord victime de crises d’épilepsie, puis découvre qu’elle possède d’étranges pouvoirs surnaturels. C’est le point de départ d’une histoire troublante et imprévisible que n’aurait pas renié Stephen King. On pense en effet aux contes fantastiques de l’écrivain américain où la télékinésie se manifeste chez des jeunes adolescentes à l’approche de la puberté ou des premiers émois amoureux, comme dans Carrie ou Firestarter. Thelma marque l’incursion réussie du norvégien Joachim Trier dans le cinéma de genre. Le cinéaste explique avoir puisé son inspiration dans les films d’Hitchcock et ses héritiers modernes Brian De Palma et David Cronenberg. Mais son approche du surnaturel rejoint également une tradition scandinave illustrée par Bergman et Dreyer. Ainsi, Joachim Trier opte pour une mise en scène maniériste qui invente un formalisme froid, en adéquation avec son sujet : la répression des sentiments et de la sexualité par une culture puritaine. Thelma n’est pas seulement un conte fantastique, c’est aussi un récit d’émancipation. Placé sous le signe du féminin, le film brosse le portrait d’une jeune fille solitaire et timide qui va progressivement se libérer du joug de parents étouffants et ultrareligieux, et rencontrer l’amour.

 

 

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Un commentaire

  1. Félix dit :

    Ah, je me sens moins seul ! Merci 🙂

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