Olivier Père

Nous ne vieillirons pas ensemble de Maurice Pialat

ARTE diffuse lundi 18 octobre à 20h55 Nous ne vieillirons pas ensemble. Le film sera suivi d’un documentaire inédit de William Karel, Sous le soleil de Pialat, également disponible en télévision de rattrapage sur ARTE.tv et la chaîne cinéma d’ARTE sur YouTube.

Son refus des concessions n’a pas empêché Maurice Pialat de côtoyer le star-system français dès son deuxième long métrage, Nous ne vieillirons pas ensemble, en 1972. Jean Yanne et Marlène Jobert, grandes vedettes populaires de l’époque, y tiennent les rôles principaux. Pialat ne cache pas la dimension autobiographique du film, description d’une relation extra-conjugale puis d’une rupture entre un homme et une femme plus jeune que lui. C’est âpre, cruel et finalement bouleversant.

Ainsi la vie du cinéaste nourrira une partie de sa filmographie d’une manière douloureuse et masochiste, puisqu’il ne se donne jamais le beau rôle et appuie sur des plaies encore ouvertes. Le personnage de Jean est souvent odieux, avec un caractère difficile et insatisfait, pourtant capable de tendresse. Pialat est un écorché vif qui parvient à arracher au tournage des moments de vérité, au prix de nombreuses souffrances, à commencer par la sienne, mais aussi celle qu’il inflige à son équipe et son entourage.

Jean Yanne se révèle génial mais ses relations avec Pialat sont exécrables. Yanne a été choisi en partie en raison de sa ressemblance physique avec le cinéaste, comme plus tard Guy Marchand dans Loulou. Jean Yanne est tellement meurtri par ses souvenirs du tournage qu’il ne se déplace pas pour recevoir son prix d’interprétation au Festival de Cannes. Nous ne vieillirons pas ensemble rencontre au moment de sa sortie un véritable succès critique et public. C’est le début du statut singulier de Pialat va occuper dans le cinéma français : artiste maudit et torturé en même temps que réalisateur couvert de lauriers, admiré par ses pairs et capable de convertir en réussites commerciales des films profondément intimes et désespérés.

 

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Un commentaire

  1. IL est frappant de voir à l’œuvre dans ce film le fonctionnement d’un homme pervers narcissique qui ne cesse dévaloriser et maltraiter moralement et physiquement la personne incarnée par Marlène Jobert et l’actrice si belle et candide car les scènes de violence sont réelles et réalistes!

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