Olivier Père

Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau

A l’occasion de l’exposition et rétrospective « Vampires, de Dracula à Buffy » à la Cinémathèque française du 9 octobre 2019 au 19 janvier 2020, ARTE.tv vous propose de découvrir gratuitement en ligne, du 1er octobre jusqu’au 31 mars 2020, trois titres extraits du riche corpus du vampirisme au cinéma : Le vampire a soif de Vernon Sewell, Dracula et ses femmes vampires de Dan Curtis et Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau, présenté en version restaurée.

Il est un chef-d’œuvre qui inaugure les noces de sang du vampirisme et du cinéma. Nosferatu le vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Graues, 1922) de Friedrich Wilhelm Murnau est librement et officieusement adapté du roman Dracula de Bram Stoker. Murnau, pour des questions de droits, rebaptise Dracula le comte Orlok, ainsi que tous les personnages du roman. Max Schreck, l’acteur qui interprète Orlok, va entrer dans la légende grâce à ce rôle. La perfection de son maquillage donne l’impression d’être en face d’un véritable monstre, tandis que son patronyme, qui signifie « peur » en allemand, encourage la confusion entre l’homme et sa création. Réalisé par l’un des premiers génies de l’art cinématographique, Nosferatu le vampire est un classique essentiel, un film qui fait immédiatement date. C’est aussi un titre matriciel qui va influencer plusieurs générations de cinéastes importants et de nombreux courants de la production européenne ou hollywoodienne, rassemblés autour de la lutte de l’ombre contre la lumière, la fascination de la nuit et de la mort. Nosferatu le vampire contient le carton le plus célèbre de l’histoire du cinéma : « Et quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. » Cette phrase a donné lieu à une multitude de commentaires. Elle souligne le passage d’un monde à un autre, mais aussi d’un état à un autre, de la conscience vers le rêve. Elle devient ainsi une parabole du pouvoir du cinéma sur le spectateur.

Max Schreck dans Nosferatu le vampire de Friedrich W. Murnau

 

 

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2 commentaires

  1. Jonathan Harker dit :

    Il faut préciser que le magnifique et poétique carton « Quand il eu passé le pont… » est une pure invention de la traduction française. Ce n’est pas le carton original et on ne trouve aucun équivalent dans les autres versions (anglaises etc…)
    Des éditions récentes ont d’ailleurs voulu rétablir une traduction plus fidèle… quelle erreur !

    Bien à vous

    • Olivier Père dit :

      En effet, le texte original du carton en question est : « A peine eut-il franchi le pont, Hutter fut assailli par les sinistres visions dont il m’a souvent parlé. »
      le fameux carton, que l’on doit à un obscur traducteur et qui plaisait tant aux surréalistes, n’a pas survécu aux nouvelles restaurations du film. c’est dommage.

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