Olivier Père

L’Homme de la plaine et La Charge des tuniques bleues de Anthony Mann

ARTE consacre la soirée du lundi 21 octobre à Anthony Mann avec la diffusion L’Homme de la plaine (The Man from Laramie) à 20h55 et La Charge des tuniques bleues (The Last Frontier) à 22h35, tous deux réalisés en 1955.

Anthony Mann demeure à jamais l’auteur d’une série de cinq westerns exemplaires interprétés par James Stewart et qui constitue la quintessence du cinéma classique américain porté à sa perfection.

L’Homme de la plaine est le dernier titre de cette série. C’était aussi le western préféré de James Stewart, vedette de plusieurs chefs-d’œuvre du genre. Il est admirable dans le rôle d’un ancien capitaine à la recherche des trafiquants d’armes responsables de la mort de son frère. La cruauté et la complexité de l’histoire, sorte de transposition du Roi Lear dans l’univers du western, est constamment équilibrée par la limpidité de la mise en scène. Dès l’ouverture du film, Mann démontre sa maestria dans la gestion de décors naturels désertiques, en Technicolor et en Cinémascope, format que le réalisateur utilise ici pour la première fois. C’est la façon immuable qu’à Anthony Mann de filmer la violence, sèche et choquante, qui assure la liaison entre les films noirs de ses débuts et ses westerns de la maturité. Tourné juste après L’Homme de la plaine, La Charge des tuniques bleues ne jouit pas de la même réputation que les westerns avec James Stewart. C’est pourtant un excellent film, ample et ambitieux, à la fois lyrique et réflexif. Dans l’Oregon, au début de la Guerre de Sécession, trois trappeurs sont dépouillés de leurs biens par des Sioux et trouvent refuge dans un fort de la cavalerie américaine. L’un des hommes, Jed Cooper, est attiré par la vie de garnison et décide de devenir soldat. Ce huitième western de Anthony Mann s’intéresse au conflit entre la civilisation et la nature. Victor Mature incarne un aventurier à demi-sauvage, ignorant des règles sociales, qui découvre une autre forme de barbarie et de folie en la personne d’un officier aveuglé par son projet d’anéantir les Indiens de la région. La Charge des tuniques bleues est un western désenchanté qui montre les effets destructeurs de l’avancée du progrès et de la culture dominante dans les territoires encore vierges des États-Unis. Anthony Mann démontre une nouvelle fois sa virtuosité dans le traitement de l’action et dans sa manière d’inscrire ses personnages dans des espaces naturels grandioses. L’utilisation du Cinémascope est majestueuse.

 

 

 

 

 

 

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