Olivier Père

Les Tueuses en collants noirs de Yasuharu Hasebe

L’éditeur Bach Films propose à la vente une magnifique collection (en combo Blu-ray et DVD) de films de la célèbre firme japonaise Nikkatsu, tous inscrits dans la veine excentrique d’un cinéma populaire qui n’hésitait pas dans les années 60 et 70 à bouleverser la grammaire cinématographique et à proposer des divertissements délirants pleins de bruit et de fureur. La collection met l’accent sur des films où les filles, aussi sexy que meurtrières, tiennent le haut de l’affiche.

Le titre vidéo est une francisation sans complexes de Blacktight Killers, le titre américain. Le titre original, Ore ni sawaru to abunaize, pourrait se traduire par : « Ne me touchez pas, je suis dangereuse ». Ce film de 1966 est une des plus belles extravagances pop produites par la Nikkatsu, interprété par l’acteur-chanteur Akira Kobayashi, dans le rôle d’un journaliste de guerre. Il ne faut pas rater l’ouverture du film, dans laquelle Kobayashi couvre un conflit où les explosions se transforment en feux d’artifices psychédéliques.

Qui est Yasuharu Hasebe ? Un disciple de Seijun Suzuki, qui a retenu les leçons du maître dans son premier – et meilleur – film, mais les récite avec la fantaisie potache d’un bon élève blagueur. Exit la violence et la schizophrénie de Suzuki, remplacées par des ambiances légères et une ironie constante.

Qui sont ces femmes dangereuses ? Les héroïnes incroyables d’une fantaisie cinématographique qui mélange roman-photo, érotisme polisson, comédie musicale, film d’espionnage et plein d’autres choses encore. James Bond peut mordre le tatami. Dans Les Tueuses en collants noirs, les gadgets sont des disques 45 tours utilisés comme des projectiles mortels et des chewing-gums ninjas qui aveuglent les adversaires de filles en furies, amazones de comic strips. Une fureur chorégraphique et presque enfantine s’empare de la mise en scène. Un seul cinéaste est parvenu à faire un film plus pop, plus déluré, plus euphorisant : l’Italien Mario Bava et son génial Danger, Diabolik ! en 1968. Couleurs, cadrages, montages et coquetteries de mise en scène convergent vers une déréalisation folle. Yasuharu Hasebe s’exténue à rendre artificielle la moindre parcelle de réalité.

Les Tueuses en collants noirs

Les Tueuses en collants noirs de Yasuharu Hasebe

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