Olivier Père

César et Rosalie de Claude Sautet

Dans le cadre d’un cycle consacré à Romy Schneider, ARTE diffuse César et Rosalie (1972) de Claude Sautet dimanche 16 septembre à 20h50.

Avec César et Rosalie, Claude Sautet signe un drame gai devenu un classique du cinéma français des années 70. Romy Schneider y retrouve pour la troisième fois celui qui l’avait dirigée dans Max et les ferrailleurs et Les choses de la vie. Elle est magnifique dans le rôle de Rosalie, personnage bovarien partagé entre deux hommes qui se disputent son amour.

Deux images de la masculinité s’affrontent dans César et Rosalie, au travers de personnages et d’acteurs au charme opposé : César, un entrepreneur dynamique et macho interprété par Yves Montand ; David, un artiste sensible et romantique auquel Sami Frey prête sa beauté ténébreuse. On aurait tort de résumer le cinéma de Sautet à sa dimension sociologique comme ce fut longtemps le cas. Les films de Sautet se caractérisent par leur perfectionnisme, leur stylisation invisible mais aussi par une forme de romanesque fiévreux, dans lequel des caractères bien ancrés dans la société française comme celui de César laissent soudainement exploser une violence incontrôlable. Malaises, crises, dérapages, effondrements… Sautet excelle à représenter des figures masculines déficientes ou débordées par leurs sentiments et leurs pulsions intimes (passion, jalousie, désir sexuel).

César et Rosalie tient à la fois de la comédie italienne pour la fantaisie et du cinéma américain pour le sens du rythme. Claude Sautet ancre son histoire dans la France de l’époque, en accordant une place essentielle aux conversations dans les voitures, les cafés, les restaurants qu’il aimait tant filmer. La récurrence des scènes de pluie, des surfaces vitrées, des espaces clos et nocturnes confère à ce film considéré comme une chronique naturalisme et sentimentale une discrète ambiance poético-onirique.

 

 

 

 

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Un commentaire

  1. herry dit :

    je ne vois pas en quoi Rosalie est « Bovarique »… qui par essence est un qualificatif synonyme d inadaptée, egoiste, narcissique et consumeriste.
    Rosalie aime deux hommes tres differents et elle est gênée de se rendre compte qu il n y a pas de bon choix. Car il faudrait chosir ce qui implique d en rendre un malheureux. Davis n est pas si « gentil », et Cesar n est pas si  » mechant roublard ». Elle finit par fuir, et aucun n aura ete comble par cette reapparition de l’ insaissable et mythique dessinteur.
    On ne sait jamais vraiment si ce qui amuse le plus David est de faire fantasmer Rosalie ou de sadiser Cesar puis de le consoler apres l avoir poussé a bout. Et c est bien ce qui est amusant dans le film.

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