Olivier Père

L’Empreinte de Frankenstein de Freddie Francis

Les amateurs de cinéma fantastique devraient être comblés par ce coffret Elephant qui réunit pas moins de treize films (en combo blu-ray et DVD) produits par la firme britannique Hammer au début des années 60, au moment de son association avec le studio américain Universal. Ces titres de la Hammer viennent s’ajouter à ceux déjà disponibles chez cet éditeur (Le Cirque des vampires, La Fille de Jack l’éventreur, Comtesse Dracula).

Les meilleurs films du coffret sont sans doute les trois réalisés par Terence Fisher : La Nuit du loup-garou, Le Fantôme de l’opéra et Les Maîtresses de Dracula.
Mais il ne faudrait pas négliger d’autres titres réputés mineurs qui se révèlent excellents : ceux signés Freddie Francis par exemple, et en particulier L’Empreinte de Frankenstein (The Evil of Frankenstein, 1964).

Sur les sept films du cycle Frankenstein produit par la Hammer, cinq ont été réalisés par Terence Fischer. L’Empreinte de Frankenstein et Les Horreurs de Frankenstein furent respectivement mis en scène par Freddie Francis et Jimmy Sangster. Le film de Francis a longtemps souffert de la comparaison avec les chefs-d’œuvre de Fisher mais c’est injuste. Il est très bon et n’a rien à voir avec la tentative de parodie horrifique de Sangster. A la faveur de l’accord passé entre Universal et la firme britannique, L’Empreinte de Frankenstein est le premier film de la série à rétablir la connexion entre les Frankenstein de la Universal réalisé aux Etats-Unis (le film original de James Whale et ses suites) et ceux de la Hammer. Le maquillage de la créature évoque de manière assez maladroite celui créé par Jack Pierce pour Boris Karloff, alors que l’apparence du monstre interprété par Christopher Lee dans Frankenstein s’est échappé de Fisher s’en distinguait totalement. Plusieurs personnages et péripéties de L’Empreinte de Frankenstein sont empruntés aux Frankenstein américains de années 40, comme par exemple la découverte du monstre prisonnier des glaces, déjà imaginé par Erle C. Kenton et Curt Siodmak dans La Maison de Frankenstein, ou l’importance accordée à un hypnotiseur de foire vulgaire et vénal qui éclipse le baron toujours incarné par Peter Cushing. Francis soigne la direction artistique et les images de son film, véritable transposition en couleur des aventures feuilletonnesques des films de Kenton, avec un soupçon de sadisme et d’érotisme typique de la Hammer. L’Empreinte de Frankenstein demeure l’un des films les plus réussis de Francis, qui se spécialisera dans le fantastique et le thriller sous l’égide de la Hammer puis de la firme Amicus, tout en poursuivant en parallèle une carrière exceptionnelle de directeur de la photographie sur des productions prestigieuses.

L'Empreinte de Frankenstein de Freddie Francis

L’Empreinte de Frankenstein de Freddie Francis

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