Olivier Père

Libre comme le vent de Robert Parrish

ARTE diffuse Libre comme le vent (Saddle the Wind, 1952) vendredi 2 février à 13h30.

« Steve Sinclair (Robert Taylor) est un pistolero repenti et coule maintenant des jours paisibles dans son ranch. Son jeune frère Tony (John Cassavetes), en revanche, ne s’est pas retiré de la vie tumultueuse des affrontements aux revolvers et se vante d’être un roi de la gâchette. Ayant fait la connaissance de la belle Joan Blake (Julie London), chanteuse dans un saloon, il vient présenter à son frère sa future fiancée. Afin de prouver qu’il est le meilleur tireur des alentours il abat un hors-la-loi qui s’en prenait à son frère avant de s’attaquer à Clay Ellison, un ancien soldat confédéré revendiquant un bout de terrain soit disant commun… »

Libre comme le vent est un western profondément original, caractéristique du talent et de la personnalité de son réalisateur, Robert Parrish. Le film met en scène la confrontation entre un ancien hors-la-loi qui aspire à la tranquillité et son jeune frère, chien fou fasciné par les armes à feu. Cette rivalité fraternelle permet à Parrish de filmer la rencontre de deux générations d’acteurs : Robert Taylor de la vieille école hollywoodienne et le new-yorkais John Cassavetes, au jeu intense. Libre comme le vent participe au renouveau du western avec une approche moderne et réaliste. Parrish se montre aussi novateur dans l’étude psychologique que dans le traitement de l’action et des grands espaces. Il aborde les thèmes classiques du genre comme la violence et la propriété avec un regard neuf, tout en étant empreint d’une morale qui n’est pas sans évoquer celle d’Anthony Mann : refus de la glorification de la force, mise en scène qui n’occulte rien de la cruauté de l’ouest sans sombrer dans la complaisance. On se souvient longtemps d’un homme abattu en pleine rue, dont le visage à l’agonie est maculé par une flaque de boue, ou d’un duel fratricide à l’issue imprévisible, dans un champ de fleurs.

Avec le surgissement d’images poétiques dans un monde brutal et sans pitié, le style élégiaque de Robert Parrish est la marque d’un grand cinéaste.

John Cassavetes et Robert Taylor dans Libre comme le vent de Robert Parrish

John Cassavetes et Robert Taylor dans Libre comme le vent de Robert Parrish

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3 commentaires

  1. MB dit :

    Olivier pouvez-vous m’éclairer: est-ce qu’il a des droits rattachés spécialement à la langue du film diffusé?
    merci d’avance!

    • olivierpere dit :

      Normalement ARTE achète tous les films diffusés en soirées (et donc obtient les droits pour une certaine durée) avec la version originale sous-titrée et la version doublée en français (et en allemand). Mais les films américains achetés pour l’après-midi (et qui ne sont pas fournis par ARTE France) le sont uniquement en version doublée. Sans doute parce que les budgets d’achat pour l’après-midi sont moins élevés et que la VO n’est pas jugée indispensable pour une diffusion à cet horaire. J’espère avoir répondu à votre question.

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