Olivier Père

Le Grand Jeu de Nicolas Pariser

ARTE diffuse Le Grand Jeu (2015) de Nicolas Pariser mercredi 1er novembre à 20h55. Le film sera également disponible en télévision de rattrapage pendant sept jours sur le site d’ARTE.

Premier long message de Nicolas Pariser, Le Grand Jeu explore les arcanes du monde politique à travers la rencontre d’un écrivain désabusé et d’un mystérieux homme d’influence. Le réalisateur réussit un thriller d’espionnage sur le pouvoir et l’engagement, où les références littéraires (Debord, Balzac, Conrad) se mêlent à des affaires récentes.

L’ambition et le style du Grand Jeu le distinguent d’emblée de la production contemporaine. Cinéphile de formation, Nicolas Pariser est un disciple de Rohmer, Lang et Hitchcock qui se sont tous trois confrontés au cinéma d’espionnage à un moment de leur carrière. La principale source d’inspiration du jeune cinéaste est sans doute le magnifique Triple Agent, avant-dernier film de Rohmer dans lequel la parole jouait un rôle prépondérant. Nicolas Pariser ose le classicisme et manie avec talent l’art de la litote, adoptant des partis-pris formels qui valorisent les conversations secrètes ou les monologues. Le film baigne dans une ambiance fantomatique qui sollicite l’imagination du spectateur, et entrouvre des perspectives vertigineuses.

Pour nous plonger dans cette ténébreuse histoire il fallait des acteurs exceptionnels. Le Grand Jeu est dominé par les interprétations subtiles de Melvil Poupaud, André Dussollier et Clémence Poésy, parfaits dans des rôles extrêmement bien écrits. Le Grand Jeu a obtenu en 2015 le prix Louis-Delluc du meilleur premier film. Nicolas Pariser prépare actuellement de son prochain long métrage, Alice et le Maire, comédie politique qui sera interprétée par Anaïs Demoustier et Fabrice Luchini dans les rôles titres. Comme Le Grand Jeu, Alice et le Maire est produit par Bizibi Films et coproduit par ARTE France Cinéma. Tournage prévu en 2018.

Melvil Poupaud et André Dussollier dans Le Grand Jeu de Nicolas Pariser

Melvil Poupaud et André Dussollier dans Le Grand Jeu de Nicolas Pariser

 

 

 

 

 

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

Un commentaire

  1. ballantrae dit :

    Un très beau film très langien effectivement, à l’écriture fluide et élégante.
    Je n’avais pas pensé à Triple agent, chef d’oeuvre hélas passé trop inaperçu dans une trilogie finale de Rohmer plus libre que jamais ( L’Anglaise et le duc/Triple agent/Les amours d’Astrée) et c’est vrai qu’il peut y avoir de cela dans le flux de parole et le secret qui anime le film.Du Rivette peut-être aussi…je n’ai jamais revu Secret défense qui avait aussi une force évocatoire assez forte.

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