Olivier Père

Betty de Claude Chabrol

ARTE diffuse Betty (1992) lundi 27 février à 23h20, juste après L’Enfer du même réalisateur. Betty sera également disponible en télévision de rattrapage pendant sept jours, sur ARTE+7.

Avec Betty, Chabrol retrouve l’univers de Simenon, qu’il connaît comme sa poche, et signe une étude psychologique très noire digne de ses meilleures réussites des années 70. Malgré sa proximité avec l’écrivain, Chabrol n’avait adapté Simenon qu’une fois avant Betty : Les Fantômes du chapelier en 1982. Dix ans plus tard, le cinéaste s’attaque à un roman entièrement dénué d’action, centré sur un personnage féminin, en restant le plus fidèle possible à Simenon. Betty montre la déchéance d’une femme, alcoolique, privée de ses enfants, qui erre dans les bars, le cœur brisé. Betty a été répudiée par la famille bourgeoise de son mari en raison de son infidélité. Le film la montre tour à tour épave, victime et monstre d’égoïsme. Chabrol met en place un très subtil système de retours en arrière, enchâssés les uns dans les autres qui permettent de raconter l’histoire de Betty sans jamais quitter la salle de restaurant d’une auberge, sobrement baptisée « le Trou » et une chambre de l’hôtel particulier de son propriétaire, refuge de la jeune femme. Dans « le Trou », cet endroit sinistre, un aquarium où s’agitent quelques poissons, qui apparaît de manière récurrente à l’image, devient la métaphore du film.

Betty conte une descente aux enfers mais aussi, de manière plus surprenante, la stratégie invisible d’une vampirisation, et d’une mise à mort, avec l’étrange relation qui se noue entre Betty et Laure, la maîtresse du patron du « Trou ». Betty permet de retrouver Chabrol au sommet de son art. C’est l’un de ses films les plus brillamment mis en scène, les plus cruels aussi. Interprétation impressionnante de Marie Trintignant (Betty, le meilleur rôle de sa carrière) et de Stéphane Audran (Laure) – photo en tête de texte.

Marie Trintignant dans Betty de Claude Chabrol © MK2 Foto: ARTE France Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv

Marie Trintignant dans Betty de Claude Chabrol
© MK2

Marie Trintignant dans Betty de Claude Chabrol © MK2 Foto: ARTE France Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wölk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv

Marie Trintignant dans Betty de Claude Chabrol
© MK2

 

Catégories : Sur ARTE

Un commentaire

  1. ballantrae dit :

    Indéniablement l’un des très grands Chabrol qui comme Une affaire de femmes ( où M Trintignant avait un très beau second rôle) n’a plus besoin de prétexte policier pour nous faire découvrir les affres de personnages fêlés qui vivent leur voyage au bout de la nuit sans véritable prise de conscience.
    Simenon est un écrivain frère de Chabrol et la rencontre contrairement à Flaubert aura été très fructueuse que ce soit pour les chauchemardesques Fantômes du chapelier ou ce poisseux Betty.
    Vous avez raison d’insister sur la très belle mise en scène de ce film et sur sa construction très intelligente.Je pense que la période 1987- 1995 est la vraie dernière grande période chabrolienne avec le simple mais délicieux Masques puis le méconnu Cri du hibou puis Une affaire de femmes- L’oeil de Vichy- L’enfer- Betty et le magistral La cérémonie.
    Il n’avait pas été aussi grand depuis Violette Nozières (même si j’aime beaucoup Les fantômes) et comme souvent la connivence avec une actrice lui portait chance.
    Je m’avoue moins emballé par ses derniers films pour des raisons esthétiques et narratives, une forme d’écriture « blanche » que je trouve difficile à appréhender tellement elle est en retrait.Exemple: j’étais prêt à aimer , au vu du sujet passionnant ,La fille coupée en deux et j’eus l’impression d’un film qui n’exploitait pas son matériau, multipliant les caricatures.
    Mais « Chacha » était un homme merveilleux systématiquement et l’entendre deviser était à hurler de rire et/ou passionnant.Il nous manque en fait…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *