Olivier Père

Nos funérailles de Abel Ferrara

Nos funérailles (The Funeral, 1996) d’Abel Ferrara est proposé pour la première fois en blu-ray par Rimini Editions, dans un nouveau master haute définition.

Dans les années 30, à New York, les membres d’une famille maffieuse pleurent la mort de Johnny, le cadet des frères Tempio abattu par balles à la sortie d’un cinéma. Ses deux frères se remémorent leurs souvenirs communs. L’un mène l’enquête pour retrouver le coupable et assouvir sa vengeance, tandis que l’autre sombre peu à peu dans la folie.

(Vincent Gallo) et une amie dans Nos funérailles de Abel Ferrara

Johnny (Vincent Gallo) et une amie dans Nos funérailles de Abel Ferrara

Veillée funèbre, œuvre au noir, théâtre de chambres, Nos funérailles témoigne de l’incroyable inspiration et de la frénésie créatrice d’Abel Ferrara au milieu des années 90, capable d’enchaîner des œuvres aussi différentes, géniales et aux ambitions diverses que Body Snatchers, The Addiction, The Blackout. Ce film noir aux accents de tragédie familiale, où le bruit et la fureur cèdent la place aux sanglots, à la rétention et aux brusques éclats de démence, pourrait sembler plus classique que les précédentes expérimentations formelles du cinéaste. On assiste pourtant à un travail très audacieux sur le temps et la narration, où la dramaturgie et la caractérisation de personnages s’affranchissent totalement des conventions du film de gangster. Tous les acteurs sont magnifiques, avec une mention particulière pour Chris Penn – primé à la Mostra de Venise, photo en tête de texte avec Christopher Walken – et Vincent Gallo, étonnant en mafioso communiste, cinéphile et partouzeur. On y retrouve Benicio del Toro dans l’un de ses premiers rôles marquants. C’est également la dernière collaboration de Ferrara avec son scénariste Nicholas St. John, qui écrivit tous ses premiers films. Après cet ultime et magnifique scénario, le mystérieux St. John, qui n’avait jamais travaillé pour un autre cinéaste que Ferrara, a littéralement disparu de la circulation. Si quelqu’un a des nouvelles…

Catégories : Actualités

Un commentaire

  1. ballantrae dit :

    N St John effectivement était le scénariste magnifique du Ferrara des 90′ sûrement au faîte de sa créativité et n’oublions surtout pas -vous avez mille fois raisons raison de le mentionner-dans cette série magnifique The addiction injustement méconnu et dont l’ambition métaphysique ( la nature du mal ) est aussi impressionnante que sa maîtrise formelle.
    Notons qu’il est sorti la même année ( en 1993 sortaient Body snatchers et Bad lieutenant) que The funeral et en possède la même sourde tristesse mais aussi par intermittences de soudaines échappées carnavalesques et effrayantes.
    J’aimerais beaucoup revoir dans de belles éditions DVD/BR NY 2 heures du matin, China girl mais aussi cette Addiction magnifique.

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