Olivier Père

Terreur extraterrestre de Greydon Clark

L’éditeur Zylo exhume la semaine prochaine d’un oubli relatif ce film d’exploitation américain du tout début des années 80, devenu rare et introuvable en DVD, qui possède des amateurs, dont nous faisons partie depuis sa découverte au Brady, quand cette salle permanente du quartier Strasbourg Saint-Denis projetait encore des films d’horreur dans des copies en piteux état, devant une audience clairsemée, masculine et malodorante. Terreur extraterrestre (Without Warning, 1980) se caractérise par une esthétique typique de son époque de production : sale, triviale, pauvre, avec une description très réaliste et peu flatteuse de l’Amérique rurale. Ce film à petit budget voulait sans doute profiter du succès d’Alien de Ridley Scott et de son monstre intergalactique agressif. Terreur extraterrestre ne se déroule pas dans l’espace mais dans la campagne américaine et imagine qu’un prédateur d’une autre planète est venu sur terre chasser du gibier humain. Cette idée sera reprise avec bonheur dans Predator de John McTiernan. Ici, les scènes sanglantes et répugnantes, une atmosphère glauque et le cabotinage éhonté de seconds couteaux hollywoodiens remplacent avantageusement les effets spéciaux perfectionnés et les stars des blockbusters.

Terreur extraterrestre jouit d’une petite réputation auprès des amateurs de films d’horreur, en raison de sa distribution impressionnante qui réunit quelques-unes des plus fameuses trognes du cinéma américain (Jack Palance, Martin Landau, Neville Brand, Cameron Mitchell, Ralph Meeker) et d’un extraterrestre hydrocéphale vraiment affreux, qui utilise comme armes d’étranges projectiles vivants en forme d’étoiles ninja (ou d’étoiles de mer, ou de mini pizzas ?) avec des dents et des ventouses qui s’accrochent aux cous des infortunés humains pour leur sucer le sang. Dans le costume du monstre se dissimule l’acteur noir Kevin Peter Hall, qui sept ans plus tard allait endosser celui du… « Predator. »

Greydon Clark est un cinéaste étrange dont la carrière se partage entre le mauvais goût et l’humour douteux, avec un recours régulier à des acteurs « has been » comme les susnommés et aussi Mel Ferrer, John Carradine, Tony Curtis. Clark débute avec des films de Blaxploitation (Black Shampoo, The Bad Bunch) avant de tâter de l’horreur ou du fantastique, puis de signer n’importe quoi (un film sur les skinheads, un autre sur la lambada produit par la Cannon) y compris des séries Z si folles (le fameux Uninvited avec un chat mutant agressif) qu’elles lui valurent d’être comparé à Ed Wood.

 

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