Un demi-siècle plus tard, le pays est devenu un modèle mondial de conservation, abritant plus de 3600 félins, soit près de 75 % de la population de tigres sauvages.
Mais, derrière cette réussite écologique, se cache une réalité plus complexe. La protection du félin implique l’extension constante des réserves naturelles, entraînant le déplacement de nombreux villages. Dans ces territoires partagés, la cohabitation est de plus en plus difficile : les attaques mortelles se multiplient. Dans les Sundarbans, la plus vaste mangrove du monde et le refuge du tigre du Bengale, plus de 500 personnes ont perdu la vie ces 15 dernières années. Les familles endeuillées sombrent dans la marginalisation, tandis que les « veuves tigres » sont frappées d’ostracisme. Face à ces drames, des ONG tentent de briser les superstitions et d’aider les victimes à se reconstruire. Car aujourd’hui, l’Inde fait face à un dilemme majeur : comment protéger son emblème national sans sacrifier ceux qui vivent sur ses terres ?