Comment lutter contre le racisme ? Les voix des jeunes comptent-elles vraiment en politique ? Les ruminations mentales d’Aylin Celik sont épuisantes. À la Elbphilharmonie de Hambourg, la slameuse propose un spectacle mêlant podcast pour s’endormir et pensées qui tournent en rond.
Le roman graphique "En vela" de l’illustratrice espagnole Ana Penyas donne un visage à celles et ceux que la précarité taraude nuit après nuit. Pour eux, dormir est un luxe et leurs insomnies sont étroitement liées à la pauvreté.
"Der Schlaf der Anderen" de la romancière Tamar Noort se déroule dans un laboratoire du sommeil. La Germano-néerlandaise connaît bien le cauchemar des nuits blanches. Mais, à ses yeux, il ne s’agit pas d’un mal individuel : quand la charge mentale et organisationnelle est inégalement répartie entre les hommes et les femmes, ce sont surtout celles-ci qui dorment mal.
À Londres, la plasticienne Kate McDonnell entend briser le tabou de l’insomnie avec son installation "Night Tides", confectionnée à partir de linge de lit usagé.
Pour l’artiste parisien Virgile Novarina, le sommeil est largement sous-estimé. Avec ses performances qui l’amènent à dormir en public ou dans des vitrines, "l’ambassadeur du sommeil" milite pour que le sujet soit enfin pris au sérieux. Il donne en outre des conférences dans des prisons, où il explique aux détenus comment faire du sommeil un instant de liberté.