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La nuit des femmes
89 min
Disponible jusqu'au 05/09/2026
À la fin des années 1950, après la fermeture des maisons closes au Japon, une jeune prostituée peine à se réinsérer. Pionnière du cinéma nippon, Kinuyo Tanaka brosse un déchirant portrait de femme et livre une réflexion subtile sur le commerce du corps.
En 1958 au Japon, la fermeture des maisons closes augmente la prostitution de rue, entraînant une vague d’arrestations de femmes. Placée dans un centre de réinsertion sous l’autorité d’une directrice empathique, la jeune Kuniko s’apprête à commencer une nouvelle vie dans une épicerie. Exploitée, elle tente malgré tout de se conformer aux exigences de son inflexible patronne, mais elle est rattrapée par son passé. Recrutée par la suite dans une usine, Kuniko subit encore l’hostilité et la jalousie des ouvrières, avant d’être enfin accueillie avec respect dans une roseraie. Avec l’espoir d’avoir enfin trouvé la paix, la jeune femme s’éprend d’un taiseux et délicat pépiniériste.
Monde cruel
Pionnière féministe du cinéma nippon, Kinuyo Tanaka orchestre, autour de son héroïne Kuniko, un tableau tout en nuances de la condition des prostituées au Japon. Mi-structure de redressement, mi-havre protecteur, le centre de réinsertion répond avec ses maigres moyens à leur précarité. À l’abri de ses murs, les solidarités se tissent et les amitiés sororales se nouent, le drame faisant irruption quand une pensionnaire met fin à ses jours, brisée par un chagrin d’amour pour une autre. Au-dehors, la survie relève du défi quotidien. Évitant tout manichéisme, le film dépeint un monde cruel envers ces reléguées, sans faire de tous les hommes des prédateurs et de toutes les femmes des victimes. Avant de trouver la douceur et une paix éphémère dans la pépinière, Kuniko, éprouvée par ses expériences professionnelles, songe un temps à retourner à sa vie passée, qui lui offre, dit-elle, une certaine liberté. À la directrice qui tente de la convaincre de renoncer à la prostitution, elle répond : "On vend ce que les hommes veulent... Vous vendez bien votre temps et votre cerveau pour un salaire." À travers un déchirant portrait de femme, ce mélo plein de grâce livre une réflexion subtile sur le commerce du corps.
Avec
Chisako Hara
Akemi Kita
Chieko Seki
Réalisation
Kinuyo Tanaka
Pays
Japon
Année
1961
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