À Paris, alors que son compagnon se trouve à l'étranger, l'écrivaine Emmanuèle Bernheim reçoit un coup de fil de sa sœur cadette, Pascale : leur père André, 88 ans, se trouve en réanimation après un AVC. Une fois sa situation stabilisée, le vieil homme, toujours hospitalisé, demande à Emmanuèle de l'aider à mourir. Alors que leur mère, atteinte depuis longtemps de la maladie de Parkinson, ne peut prendre la moindre décision, les deux sœurs puisent dans leur lien la force d'accomplir la volonté paternelle en recourant à la seule solution alors possible, le suicide assisté en Suisse.
À distance
Vingtième long métrage du prolifique François Ozon, Tout s'est bien passé s'inspire étroitement du livre autobiographique d'Emmanuèle Bernheim (Gallimard, 2013), qui fut sa coscénariste pour trois films – Sous le sable, 5x2 et Swimming Pool. Elle-même décédée en 2017 d'un cancer, l'écrivaine y retrace son cheminement et celui de sa sœur face à la requête, puis à la mort programmée d'un père à la fois défaillant et tendrement aimé. Comme le livre, le film oscille entre de fugaces moments de burlesque et une émotion tenue à distance. Incarnée avec une remarquable sobriété par Sophie Marceau (face à son partenaire Dussollier qui, une fois n'est pas coutume, en fait un peu trop), Emmanuèle, sans illusions sur l'égocentrisme d'un homme qu'elle aurait préféré "avoir pour ami", passe de la révolte à l'acceptation. Après Être vivant et le savoir, le beau film qu'Alain Cavalier a consacré à Emmanuèle Bernheim, amie de longue date dont il avait projeté, lui aussi, de porter le récit à l'écran, avant que leur projet commun ne soit torpillé par la maladie de l'autrice, François Ozon propose une variation sur le deuil tout en nuances et retenue.