Copenhague, 11 août 2017. Une journée a priori banale pour Jens Moller, qui dirige la brigade criminelle de la capitale danoise. Jusqu’à ce qu’une étrange nouvelle tombe : un sous-marin artisanal vient de couler dans le détroit entre le Danemark et la Suède avec deux personnes à son bord : le concepteur du submersible, un inventeur danois qui est secouru in extremis, et une jeune journaliste suédoise, portée disparue. A-t-elle vraiment débarqué avant le naufrage, comme l’affirme dans un premier temps celui qui l'avait conviée à son bord ?
En quête de preuves
Si les séries inspirées de faits réels – en particulier d'affaires criminelles –, sont légion, rares sont celles qui soient à la fois si singulières et si réussies. Tournée à peine deux ans après un sordide fait divers qui a traumatisé tout le Danemark, et avant même que son auteur, Peter Madsen, ne soit définitivement condamné, L'affaire Kim Wall se focalise sur la complexité de l'enquête, retracée sans fioritures presque en temps réel. Tobias Lindholm (coscénariste de Borgen et des films de Thomas Vinterberg) prend le parti de ne montrer aucune image de la victime ni de son meurtrier : seul compte le travail minutieux de l'inspecteur Jens Moller – formidable Soren Malling, bien connu des fans de The Killing et Borgen –, persuadé de la culpabilité du suspect, mais qui a toutes les peines du monde à réunir des preuves. Comme dans la vraie vie, les investigations progressent lentement, marquées par la relation que Jens Moller commence à entretenir avec les parents de Kim Wall, les rumeurs d'une liaison entre la journaliste et l'inventeur, les hésitations des policiers… Le résultat est brut, sombre et captivant.