Jeune Italien mélancolique, Riccardo est fasciné par Jeffrey Dahmer, un célèbre tueur en série américain des années 1980. Pour cet homme, homosexuel comme lui, dont il pense qu’il a vécu cloîtré dans une abyssale solitude, il ressent une puissante proximité, un sentiment quasi amoureux qu’il dit n’avoir jamais éprouvé dans sa vie. Son amie, la cinéaste Diane Sara Bouzgarrou, à laquelle il a confié son obsession, lui propose de partir avec lui à Milwaukee, la ville où Dahmer a commis ses meurtres, et de le filmer.
Le monstre en nous
Voilà dix ans que Riccardo a levé le voile sur sa passion pour le "cannibale de Milwaukee". Dans les meurtres de Dahmer, qui tuait ses amants – 17 victimes, dont plusieurs Afro-Américains –, le jeune homme croit déceler une quête désespérée d’amour, l’horreur des actes conjurant selon lui l’angoisse d'être abandonné. Pas à pas, avec une douce curiosité, Diane Sara Bouzgarrou accompagne son ami dans ce troublant pèlerinage, du bar où le serial killer consommait du gin-tonic au parcours touristique déployé dans la ville sur ses traces. Dans ce voyage à trois avec un fantôme, Riccardo livre, en silence ou peu de mots, sa part d’ombre, apprenant à s’apprivoiser et à s’ouvrir aux autres, plus qu’il ne se rapproche du monstre. La cinéaste a filmé le "moment où la rencontre avec le réel met à l’épreuve son fantasme, et [leur] amitié". Entre documentaire et fiction, un moyen métrage d’une sombre beauté qui interroge le mal en chacun de nous.