Peu après, le juge d’instruction Jean-Marc Connerotte, suspecté de partialité pour avoir participé à un dîner avec les familles de victimes, est démis de ses fonctions. Face à l’indignation populaire, le roi Albert II appelle au calme et dénonce publiquement les erreurs qui ont émaillé les investigations, donnant lieu à la création d’une commission d’enquête parlementaire. Y sont interrogés d’importants magistrats ainsi que des gendarmes tels que René Michaux, qui, lors d’une perquisition au domicile de Marc Dutroux, avait cru entendre des voix d’enfants – certainement celles de Julie et Mélissa – mais n’avait pas réagi.
Approche intime
Il y a près de trente ans, la Belgique faisait face à la plus importante affaire de disparition d’enfants de son histoire. À rebours des émissions de "true crime" sensationnalistes, les réalisateurs d’Innommable proposent une lecture à la fois intime et sociétale de ce drame qui suscita une vive colère collective. Émaillée de nombreuses archives exposant le combat quotidien des parents des victimes pour être entendus, la série montre également le retentissement national de l'affaire – les citoyens assistant, indignés, aux atermoiements de leur justice, de leur police et de leurs médias. Retraçant avec minutie la chronologie des événements, Innommable fait témoigner des journalistes, des enquêteurs ainsi qu’une jurée, tous encore très marqués par cet épouvantable dossier. Grand succès d’audience lors de sa diffusion en Belgique et en Suisse, cette série documentaire est présentée par Nadia Daam.
Une coproduction RTBF, VRT, ARTE G.E.I.E.