J+1 : et maintenant ?

7 min
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Aujourd’hui on tire les leçons du scrutin européen. Comment a-t-on voté en France ? Est-ce que les rapports de force sont les mêmes au niveau des 28 et donc du Parlement européen ? Comment les groupes politiques vont-ils s’allier pour pouvoir légiférer ? Quelles sont les prochaines étapes ? Tout ce qu’il faut savoir en 5 minutes !

Voilà on y est c’est le jour d’après, le jour d’après le vote… L’heure de se pencher sur les résultats.

Pour ce qui est de la France vous avez sans doute eu l’info.

Le Rassemblement national est arrivé en tête. Comme c’était déjà le cas en 2014. Le parti du président est en deuxième place et perd donc le duel qu’il avait tenté d’imposer face au parti de Marine Le Pen. En troisième position c’est la surprise avec le bon score des Verts – qui n’étaient pas attendus si haut et qui égalent leur performance de 2009. Et ensuite c’est la dégringolade des Républicains et des Socialistes.

Alors est-ce la même chose pour le Parlement européen ? Eh bien non ! Parce que figurez-vous qu’il s’agissait d’un scrutin européen.

Mais heureusement on est là pour vous décrypter tous ces résultats. Petite précaution préliminaire : les chiffres qu’on vous donne ne sont pas encore définitifs.

 

Résultats

Au niveau de l’ensemble des pays de l’Union, ce sont les Conservateurs du PPE qui sont en tête, grâce notamment aux bons scores de la CDU en Allemagne.

Et en deuxième position les socialistes, le groupe S&D pour les intimes ! Eh oui ! Avec notamment un contingent important venu d’Espagne et du Portugal.

Ce qui change c’est le bon score des libéraux de l’ALDE qui eux ont gagné plus de 30 élus notamment grâce à la liste En Marche. Ils forment désormais la troisième force du Parlement.

Ce qui change aussi, c’est le bon score des Verts qui gagnent en tout 18 sièges par rapport à 2014. Grâce notamment à la France et surtout à l’Allemagne.

Du côté de l’extrême droite, elle progresse mais elle n’est pas du tout en tête comme en France. Et elle est éparpillée pour le moment entre 2 groupes : ENL (Europe des Nations et des libertés), où on trouve le parti de Marine Le Pen et la Ligue de Matteo Salvini et EFDD (Europe de la liberté de la démocratie active), où on trouve le Mouvement italien 5 étoiles ou encore le Brexit Party.

Mais les cartes risquent d’être rebattues.

Dernière info importante : la participation. Pour la première fois depuis 1979, date de la première élection du Parlement européen, elle est en hausse. Alors que tout le monde misait sur une désertion des urnes, au niveau des 28 les électeurs se sont mobilisés à presque 51%, tout comme en France.

 

Impact

La France ne fait pas l’élection européenne on l’a vu, mais l’élection européenne défait tout de même certaines situations nationales. On vous en donne un petit aperçu.

Et on commence par la Grèce. Le parti au pouvoir Syriza d’Alexis Tsipras a été sanctionné dans les urnes. Et les Grecs pourraient donc revoter pour de nouvelles élections législatives dès le mois de juin.

En Italie aussi il pourrait y avoir un nouveau vote. Matteo Salvini et son parti populistes la Lega est arrivé en tête hier, mais il pourrait vouloir se passer de son allié le Mouvement 5 étoiles arrivé troisième derrière les démocrates.

En Autriche. Vous avez suivi les dernières péripéties de l’Ibizagate qui a fait exploser la coalition ? Suite à cela, le chancelier conservateur Sebastian Kurz va faire face ce soir à une motion de censure. Et si l’on en croit les élections européennes, il pourrait s’en sortir. Son parti ÖVP est arrivé nettement en tête hier.

Et enfin le Royaume-Uni. C’est le Brexit Party de Nigel Farage qui l’a emporté largement. Pour les conservateurs au pouvoir c’est la claque avec 8.7% des voix. Mais la Première Ministre Teresa May avait pris les devants et a déjà annoncé sa démission. 

 

Coalition

Et maintenant comme on fait pour avancer au niveau du Parlement européen ? C’est là qu’on rentre dans la tambouille politique.

En France, vous le savez, la majorité à l’Assemblée est le plus souvent de la même couleur que le Président et le gouvernement, et elle dicte sa loi toute seule.

Au niveau du Parlement européen c’est différent. Les groupes politiques s’allient pour former une coalition. Depuis toujours les socialistes et les conservateurs, oui oui la gauche et la droite, travaillent ensemble pour former une majorité absolue et donc pour pouvoir voter les textes. 

Mais là les 2 forces principales ont perdu des forces justement et elles ne peuvent plus gouverner que toutes les 2. Il va donc falloir des alliés !

Plusieurs options :

1)    Ils se tournent vers les libéraux de l’ALDE, 3ème force du Parlement.

2)    Ils pactisent avec les Verts mais la majorité serait plus fragile.

3)    Ou alors ils s’allient avec les 2 ! 

C’est ce qu’espère Manfred Weber, candidat à la Présidence de la Commission européenne pour les conservateurs du PPE. Il a appelé à une très grande coalition regroupant les conservateurs, les socialistes, les libéraux et les écologistes.

Concrètement, un front européen face aux eurosceptiques. 

4)    Dernier scénario :

Frans Timmermans chef de file des socialistes, lui, souhaite une coalition des progressistes allant de l’extrême-gauche aux libéraux, de Mélenchon à Macron.

Les tractations s’annoncent… intéressantes ! 

 

Et après ?

Les députés sont élus, les négociations vont démarrer pour former les groupes et les coalitions mais ce n’est pas tout !

D’abord vous vous demandez sans doute : mais quand vont-ils commencer à siéger ces nouveaux élus ? Pas avant juillet.

Et ils vont notamment élire leur président. Le successeur de….allez, je vous aide… Antonio Tajani.

Autre date attendue : quand connaîtra-t-on le nom du nouveau Président de la Commission…le successeur… de Jean-Claude Juncker ? Car les candidats sont connus, on vous en a parlé !

Demain les chefs des groupes au Parlement se réunissent puis ce sera au tour des chefs d’Etat et de gouvernement. Ils vont étudier les différentes candidatures. Ça promet d’être tendu.

Et ça promet d’être long aussi !

Il va y avoir des propositions, des votes, des batailles, des commissaires seront choisis, validés et paf c’est déjà Noël !

Non j’exagère, juste la Toussaint ! Car le 1Er novembre, quoiqu’il arrive, le nouveau Président ou la nouvelle Présidente entrera en fonction.

 

D’ici là on devrait connaître aussi le nom du nouveau Président du Conseil ou encore du Président de la Banque centrale européenne. 


  • Journaliste :
    • Anne-Lyse Thomine
    • Sira Thierij
  • Pays :
    • France
  • Année :
    • 2019