Creusées dans le tuf sur le flanc de la montagne, ces habitations-grottes sont décrites par Carlo Levi en 1945 dans "Le Christ s'est arrêté à Eboli", comme surpeuplées, insalubres et sales, où vivent ensemble hommes et animaux. La loi spéciale de 1952 met fin à cette "honte nationale" avec l'évacuation de deux tiers de la population de Matera -17000 habitants- vers de nouvelles agglomérations. La "Jérusalem d'Europe", selon Pier Paolo Pasolini qui y tourne "L'Évangile selon saint Matthieu" en 1964, se vide. Pendant de longues années, on s'interroge sur son sort. En 1986, la politique rouvre les Sassi à un usage fonctionnel. L'Unesco, en 1993, les inscrits au patrimoine de l'humanité. C'est l'amorce de leur réhabilitation et réintégration à la ville. Aujourd'hui, Matera en a fait son principal atout.