Marqué par Charlot, qu’il imitait à la perfection, et par Buster Keaton, Marcel Mangel, né le 22 mars 1923, a grandi à Strasbourg dans une famille juive aimante. Quand la guerre éclate, le jeune homme rejoint la Résistance et se fait appeler Marceau, patronyme qu’il conservera pour la scène. Avec son cousin Georges Loinger, qui, à 108 ans, livre dans ce documntaire un émouvant témoignage, il fait passer la frontière suisse à des centaines d’enfants juifs. Comme il ne faut pas attirer l’attention des soldats allemands qui patrouillent, Marcel s’ingénie à distraire ses petits protégés en silence.
Bip, le clown tragicomique
En 1944, il est frappé par un drame : dénoncé, son père, un boucher casher épris d’opéra, est déporté à Auschwitz, dont il ne reviendra pas. Après-guerre, Marcel se lance dans la pantomime et invente Bip, un personnage de clown, qui, par son maquillage blanc évoquant la commedia dell’arte et ses cris silencieux, exprime la poésie du monde, le tragique de l’existence et l’espoir d’une vie meilleure.