Scott Chavez est condamné à la pendaison pour avoir tué sa femme, une Indienne qui multipliait les aventures extraconjugales. Avant de mourir, il confie sa fille Pearl à son amour de jeunesse, la douce Laura Belle McCanles, installée dans un ranch avec son mari Jackson, sénateur infirme et tyrannique, et leurs deux fils, Jesse et Lewt. Mal accueillie par le père, Pearl plaît aussitôt aux deux frères. Gentleman à la morale irréprochable, Jesse tait ses sentiments pour elle, alors que Lewt, son cadet, s’emploie à la séduire – et à la compromettre. Ayant promis à son père de devenir une jeune fille honorable, Pearl tente de résister, avant de succomber à la passion.
La fièvre dans le sang
Tourné dans de grands espaces crépusculaires, ce western, mis en scène par King Vidor, porte la marque du producteur mégalomane David O. Selznick (Autant en emporte le vent). Mélo flamboyant sur le désir, la malédiction et la rédemption, il exalte les valeurs de l’Amérique dans un Far West d’esprit sudiste, rattrapé par la modernité et l’arrivée du chemin de fer, annonciateur de la fin d’un monde. Duel entre le bien et le mal, le progrès et l’archaïsme, qu’incarnent les deux frères, le blond Jesse (Joseph Cotten), respectueux du droit, et le brun Lewt (Gregory Peck), sans foi ni loi, le film, adapté d’un best-seller, conte la tragédie d’une jeune métisse peinant à trouver sa place. Pour interpréter cette héroïne incandescente, victime de sa sensualité, Jennifer Jones, alors compagne de David O'Selznick, ne lésine pas. Porteur d’une charge érotique appuyée, Duel au soleil se resserre peu à peu sur la passion des amants maudits, couple à "la fièvre dans le sang" qu’elle forme avec Lewt, jusqu’à la séquence finale au puissant lyrisme. Un réjouissant concentré d’excès hollywoodien.