Constance Petersen est psychiatre dans un asile d’aliénés, Green Manor, dans le Vermont. Le directeur de l’établissement, le docteur Murchinson, part à la retraite et doit être remplacé par un certain Edwardes. Dès son arrivée, ce dernier se comporte bizarrement. Après plusieurs incidents, Constance s’aperçoit qu’il s’agit d’un amnésique se prenant pour Edwardes. Le "docteur" ayant fait une fugue, Constance parvient à le rejoindre. Elle décide de l’aider…
Recherche de la vérité
C’est en 1944, lors d’un séjour à Londres, qu’Alfred Hitchcock commence à travailler avec Angus McPhail à l’adaptation du livre de Francis Beeding. Dans le roman, un fou s’empare d’un asile d’aliénés dont le directeur dit des messes noires, la croix du Christ étant tatouée sur la plante de ses pieds afin qu’il puisse la fouler à chaque pas… De retour à Hollywood, Hitchcock écrit avec Ben Hecht un scénario plus sage sous la férule du producteur David O. Selznick. Le sujet – une femme veut à tout prix guérir l’homme qu’elle aime – fait du film un vibrant plaidoyer en faveur de la psychanalyse, science alors en vogue aux États-Unis et qui passionne Hitchcock. Le film se déroule comme une longue marche du couple à la recherche de la vérité, dans une espèce de labyrinthe parsemé de symboles, sur un fond musical où reviennent deux superbes leitmotive pour lesquels Miklos Rozsa décrocha l’Oscar. La séquence du rêve est l’une des plus étonnantes : "J’ai voulu absolument rompre avec la tradition des rêves de cinéma qui sont habituellement brumeux et confus, explique Hitchcock dans ses entretiens avec François Truffaut (Éd. Ramsay). J’ai demandé à Selznick de s’assurer la collaboration de Salvador Dalí. […] Je voulais Dalí à cause de l’aspect aigu de son architecture – Chirico est très semblable –, les longues ombres, l’infini des distances, les lignes qui convergent dans la perspective… les visages sans formes… Naturellement, Dalí a inventé des choses assez étranges qu’il n’a pas été possible de réaliser : une statue qui craque, des fourmis qui s’échappent et recouvrent Ingrid Bergman..."