Olivier Père

Cannes 2022 Jour 10 : conversation avec Albert Serra autour de son film Pacifiction (Compétition)

Conversation avec Albert Serra autour de son nouveau film Pacifiction (Tourment sur les îles) présenté en compétition au Festival de Cannes.

Albert Serra © Bertrand Noël

Catégories : Actualités · Coproductions · Rencontres

3 commentaires

  1. Bertrand Marchal dit :

    J’ai adoré ce film. c’est la seule grande expérience de cinéma depuis très longtemps. Un film qui ose utiliser tous les ressorts du cinéma en ce qu’il n’est pas la réalité. La seule palme d’or crédible.
    C’est un film qui fait un grand doigt d’honneur aux séries qui sont tellement populaires, même auprès des cinéphiles, et qui ne sont pourtant en rien du cinéma.
    Belle interview. Merci à vous et à Serra qui parle bien de son métier, ce qui n’est pas si courant. Mais c’est un européen, donc un intellectuel. Les américains sont souvent pauvres en volonté d’introspection. J’ai le souvenir d’une interview d’Oliver Stone… navrante. Impossible de l’amener à exposer une réflexion de nature spéculative, philosophique ou simplement intellectuelle. C’était anecdote sur anecdote, rien de valable. Ça n’ôte rien à leur talent bien sûr. John Ford aussi était une sale bourrique en interview.

  2. Gaël Fromentin dit :

    Bel entretien. Film génial. Drôle, brillant, grotesque, beau, vulgaire, intelligent , grinçant. Tout ce que l’on demande d’être au cinéma et qu’il est de plus en plus rarement. Magimel est au delà de tout éloge. Un bonheur, et pourtant avant cela, je n’aimais pas beaucoup le cinéma de Serra.
    Mais pour Pacifiction, hourra !

  3. Gaël Fromentin dit :

    Et pour compléter, la grande qualité du film est de laisser une vraie place à celui qui le regarde. Pamphlet politique ? Grand film mental ? Comédie contemplative? Pur objet de mise en scène ? Pacifiction est tout cela à la fois et ses niveaux de lecture sont multiples. En le revoyant, j’ai d’ailleurs été ému par de Roller (Magimel), qui m’avait à la première vision paru plutôt ridicule, suffisant. Mais il n’est pas simplement ridicule, de Roller, il est pris dans des enjeux qui le dépassent et il s’en rend compte, peu à peu. Le réel lui est opaque, en cela d’ailleurs, nous sommes sans doute tous des de Roller. En dépit d’une fin un peu explicative, un film monde, un chef d’oeuvre, le grand film des années 2020.
    A voir aussi de Serra, son documentaire fascinant sur la tauromachie que j’ai beaucoup aimé, à mon corps (presque) défendant !

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